DANGON Georges [DANGON Georges, Claude, Antoine]

Par Marie-Cécile Bouju

Né le 11 décembre 1884 à Paris (XVIIe arr.), mort le 20 septembre 1956 à Paris (XIIIe arr.). Maître imprimeur, directeur de la société l’Imprimerie française, radical-socialiste, directeur technique de la SNEP, maire de Lathuile (Haute-Savoie).

Georges Dangon est le fils de Joseph Dangon (1853-1913), conducteur mécanicien puis maître imprimeur, et de Marie Joséphine Han. Ancien élève du collège Chaptal et de l’Ecole supérieure de commerce de Rouen, il a succédé à son père à son décès en 1913 à la tête de l’imprimerie familiale, l’Imprimerie française, qui avait été fondée en 1885 par Edouard Hervé et rachetée par Joseph Dangon en 1899. Son père était également directeur du Savoyard de Paris.
Georges Dangon s’est engagé volontaire pendant la Première Guerre mondiale en 1914 et fut démobilisé en 1919. Il a obtenu la Croix de guerre 1914-1918.
L’Imprimerie française était une imprimerie importante de Paris, qui s’était spécialisé dans l’impression de la presse pendant l’entre-deux-guerres (250 employés en 1938). Elle avait pour clients les journaux, nombreux, qui n’avaient pas leur propre imprimerie. D’où une clientèle variée : elle imprima l’Humanité de 1925 à 1939, mais aussi l’Action française et la Vie catholique. Il a été président du Syndicat de la presse quotidienne avant la Seconde Guerre mondiale.
Avant de prendre la direction de l’imprimerie paternelle, Dangon écrivait dans la presse radicale sous le pseudonyme Géo Mamby. En 1929, sous l’étiquette radical-socialiste, il fut élu maire de Lathuile (Haute-Savoie), et le resta jusqu’en 1942, puis le redevint de 1945 à 1947 et de 1953 à 1959.
Les liens anciens de sa famille avec la Savoie expliquent qu’il fut actif aussi dans le secteur de l’industrie du bois : à partir de 1932, il fut président de l’Association des communes forerstières de la Haute-Savoie et de la Fédération des associations des communes forestières françaises, et membres de plusieurs commissions de cette branche ainsi que de l’Institut national du bois.
En raison de sa clientèle, son entreprise a été perquisitionnée pendant l’automne 1939. Sollicité en juin 1940 par le PCF pour réimprimer l’Humanité, il refusa faute d’obtenir un accord officiel des Allemands.
Pendant l’occupation, profitant des difficultés économiques, les Allemands firent pression sur Dangon pour racheter l’entreprise en 1942 - l’imprimerie fut en partie démantelée. Georges Dangon fut par ailleurs révoqué de son mandat de maire, ainsi que de toutes ses responsabilités dans le secteur forestier. Il entra alors en résistance en Haute-Savoie, et établit des relations avec la France libre. Il aurait participé aux projets du gouvernement provisoire relatifs à la presse à la Libération.
À la Libération on lui proposa la direction de l’Imprimerie nationale et du Journal officiel, proposition qu’il refusa. Dès la libération de Paris, il devint directeur de l’imprimerie du Petit Parisien. Il fut directeur technique de la Société nationale des entreprises de presse (SNEP). Il fut président du Groupement des imprimeurs spécialistes de la presse.
Bien que reconnu comme résistant, Georges Dangon fut condamné pour profits illicites en raison de la vente de l’imprimerie familiale aux Allemands, le Comité de confiscation des profits illicites estimant que cette vente n’avait pas été forcée.
Il a épousé en première noce en 1907 Joséphine Cornil, et en seconde noce Marcelle Dégrange en 1924. Il était père de trois enfants : Jean-Jacques, Gervaise et Françoise
Il a été fait chevalier en 1927 puis officier de la Légion d’honneur en 1937.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180030, notice DANGON Georges [DANGON Georges, Claude, Antoine] par Marie-Cécile Bouju, version mise en ligne le 24 avril 2016, dernière modification le 30 avril 2021.

Par Marie-Cécile Bouju

SOURCES : Comité régional interprofessionnel d’épuration (Seine), 102 W 193, Etat civil, V4E 7349, dossiers CCPI 1481-1483, PEROTIN 3314/71/1/6, Arch. Paris ; Dossier Georges Dangon, GA 90, Arch. PPo.
ŒUVRES CHOISIES : Le grand tric : les luttes sociales aux débuts de l’imprimerie. Villers-Cotterêts : Ressouvenances, 2014, 62 p. (Collection Polychrome ; 4)

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