LEBAY Paul

Par Jacques Girault

Né le 10 juin 1886 à Baccarat (Meurthe-et-Moselle), mort le 12 février 1966 à Toulon (Var) ; professeur ; militant socialiste puis communiste à Toulon (Var).

Fils d’un verrier appartenant à « un petit clan d’anabaptistes de Lorraine » (selon une lettre au directeur de l’enseignement secondaire du 8 octobre 1950), Paul Lebay (écrit parfois Le Bay) entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Nancy (Meurthe-et-Moselle) en 1902. Après le service militaire en 1905-1906, instituteur à Maxéville puis à Tomblaine jusqu’en 1911, il poursuivit des études d’allemand à la Faculté des Lettres de Nancy et devint surveillant au lycée Janson de Sailly à Paris. Reçu au certificat d’aptitude à l’enseignement de l’allemand dans les lycées et collèges en 1913, il bénéficia d’une bourse d’agrégation mais échoua au concours de 1914. Mobilisé dans l’Infanterie en août 1914, blessé le 23 août 1914 à Morhange (Moselle), réformé à 65 % (perte d’un œil), lors d’un remplacement d’enseignement au lycée de Nancy de mars à juillet 1915, il enseigna aussi l’anglais en heures supplémentaires car il avait recueilli sa sœur réfugiée à Nancy puisque sa famille avait péri dans l’incendie de la maison en septembre 1914 lors de l’arrivée des troupes allemandes. Nommé professeur délégué au lycée de Toulon en octobre 1915, il protesta car on l’éloignait de sa famille sans ressource. La plus grande partie de son service fut en anglais. L’inspecteur en 1917 notait que son enseignement était uniquement oral. A la fin de 1920, il demanda à faire partie comme interprète de la mission du général Nollet recommandé par son ancien professeur Charles Andler. Il n’obtint pas satisfaction puisqu’un rapport d’un inspecteur général de juillet 1920 signalait qu’il manifestait des positions favorables au communisme et aussi à l’Allemagne depuis son arrivée, selon aussi des rapports de police. L’inspecteur d’académie en 1923 notait qu’il s’était « compromis pour ses idées un peu trop avancées ».
Reçu à l’agrégation d’allemand en 1920 au concours réservé aux mutilés et aux réformés, il continua à enseigner au lycée de Toulon. Après des plaintes de parents d’élèves concernant ses options politiques, la chaire étant supprimée, il fut muté aux lycées de Nice (Alpes-Maritimes) en 1923 comme professeur d’anglais, Périer-Saint-Charles à Marseille (Bouches-du-Rhône, 1928-1936) comme professeur d’allemand, de Nice (1936). Le plus souvent, ces mutations résultaient de plaintes diverses des parents à la suite de ses « écarts de langage » (selon le recteur de l’académie d’Aix en 1924). Mais revenu à Nice, d’importants changements furent notés.
Paul Lebay se maria à Flin (Meurthe-et-Moselle) en septembre 1907. Divorcé en 1921, il se remaria en mars 1925 à Nice avec une jeune fille de Toulon.
Inscrit en 1939 dans le cadre des professeurs de la Seine et Seine-et-Oise, il fut relevé de ses fonctions par décision de mise à la retraite d’office du 10 février 1941, exécutée à partir du 15 mai 1941. Admis à une retraite proportionnelle, bien que propriétaire d’une maison louée à Baccarat en zone occupée, dont il ne pouvait profiter, hébergé à Toulon chez ses beaux-parents, Lebay, dont la pension attribuée à partir d’octobre 1942, était très faible, trouva un emploi de secrétaire-dactylographe dans le service Terre de la Marine (centre des sous-marins) à la suite de l’intervention de l’amiral Marquis, préfet maritime. A la fin de 1943, il se réfugia en Haute-Savoie où il participa à la Résistance avec le groupe du Val Montjoie.
Réintégré au lycée Michelet à Vanves (Seine/Hauts-de-Seine) en octobre 1944, il revint, comme professeur d’anglais, au lycée de Toulon en 1946 où, après sa demande en 1947 d’être maintenu en activité, il enseigna jusqu’à la fin de l’année scolaire 1949-1950 où il enseigna l’allemand et l’anglais..
Paul Lebay faisait des cours à l’école socialiste de Toulon en décembre 1920. Selon les rapports de police, il avait des « idées avancées » et en 1922 était considéré comme « communiste ». Il participait aux organisations du personnel enseignant et s’adressait au député communiste de Marseille sous le Front populaire par l’annonce « cher camarade ». En novembre 1958, lors des élections législatives, dans le premier canton de Toulon, il fit partie du comité central de parrainage au candidat communiste dans la 4eme circonscription du Var.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article194871, notice LEBAY Paul par Jacques Girault, version mise en ligne le 26 août 2017, dernière modification le 6 juillet 2020.

Par Jacques Girault

Sources : Arch Nat., F/17/27305. — Arch. Dép. Var, série M, fichier 1922. — Presse locale.

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