FERRER Robert, Jean, Marie

Par Annie Pennetier

Né le 13 janvier 1905 à Saint-Gratien (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) , exécuté le 22 août 1944 au Fort de Vincennes Paris XIIe arr. ; employé du métro parisien ; résistant FFI.

Fils de Edouard Ferrer et de Marie Rose Bigou, ménagère,Robert Ferrer s’était marié à Marcelle Lambert, gainière, le 11 avril 1932. Le couple avait une fille Louise née le 22 juin 1933 et habitait 23 rue de Saturne à Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne). Robert Ferrer travaillait comme conducteur-mécanicien au métropolitain.
Le 21 août 1944, il participa sous le commandement de Louis Bouchet alias commandant Arthur des groupes FTP du personnel du métropolitain, à la prise des locaux du journal Le Petit Parisien organe de propagande allemande dont les locaux venaient d’être évacués.
Le Comité Parisien de Libération venait de décider d’attribuer ces locaux, sis rue d’Enghien, dans le Xe arrondissement, à l’Humanité et au Parisien Libéré. Le 21 août vers 10 h du matin,Robert Ferrer avec Louis Bouchet quittèrent la station Bel-Air à bord d’une traction avant Citroën en compagnie de plusieurs de leurs collègues membres des FTP : André Ancelin, Ulysse Benne, Émile Goeury et Arthur Speekaert. Selon l’enquête que conduisit quelques jours plus tard le fils de l’un d’entre eux, Walter Goeury, la voiture fut contrôlée à un premier barrage allemand avenue de Daumesnil, qu’ils purent franchir. Les résistants n’étaient pas armés et la « trêve » instituée la veille par le général von Choltitz était censée avoir rétabli une relative liberté de circulation. Mais tous les militaires allemands en pleine débâcle n’avaient pas la même attitude. Robert Ferrer et ses camarades furent interceptés un peu plus tard par un groupe de soldats à l’angle de la rue Traversière (XIIe arr.) et de la rue Michel Chasles. Après une rapide fouille, les résistants furent conduits les mains sur la tête jusqu’au 15 de la rue Traversière dans une cour de la SNCF, selon les témoignages recueillis par Walter Goeury. En fin d’après-midi, on les fit monter dans deux camions bâchés en compagnie d’une impressionnante escorte, qui les amena au fort de Vincennes toujours sous contrôle allemand. Le lendemain, Robert Ferrer, André Ancelin, Ulysse Benne, Émile Goeury et Arthur Speeckaert étaient fusillés à la cartoucherie du Fort-Neuf de Vincennes puis enterrés sommairement dans une fosse commune. Le 26 août, leurs familles furent invitées à venir identifier leurs dépouilles.
Robert Ferrer a été inhumé dans le cimetière de Maisons-Alfort (division 26) où la rue où il habitait porte son nom dans le quartier de Charentonneau.

Il fut reconnu " Mort pour la France " le 1er novembre 1944, soldat FFI inscrit sur son acte de décès le 6 novembre 1945, " Mort pour la France " le 1er novembre 1944 et interné résistant IR en janvier 1956.Il a été décoré à titre posthume de la Croix de guerre avec la citation : « Combattant volontaire et ardent patriote, s’est fait remarquer par son courage et son sang-froid au cours des combats de Libération et notamment le 21 août 1944 où avec un groupe de volontaires, il a attaqué un convoi de munitions ennemi ».

Une plaque commémorative portant son nom et ceux de ses camarades fut apposée dans la station de métro Château de Vincennes : « À la mémoire de nos camarades du Métropolitain fusillés par les Allemands au Fort de Vincennes, le 22 août 1944 ». Chaque année, une manifestation du souvenir y est organisée par le personnel de la RATP, dans le cadre des cérémonies commémoratives de la Libération de Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article197030, notice FERRER Robert, Jean, Marie par Annie Pennetier, version mise en ligne le 14 novembre 2017, dernière modification le 22 mars 2020.

Par Annie Pennetier

SOURCES : AVCC 21 P 277957 et 21 P 645131 . — SHD Vincennes GR 16 P 222021. — Notes de Jean-Pierre Ravery . — Gillesprimout.blogLiberationdeParis . — MémorialGenweb

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