FOUCAUD René, Léo

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 3 février 1903 à Salles-de-Barbezieux (Charente), mort en mission le 26 avril 1944 à Trenal (Jura) ; militaire d’active ; résistant et chef de l’organisation de l’armée secrète (AS) du Jura et des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

René Foucaud était le fils de Anatole Augustin Étienne, cultivateur et de Marie Julia Joré, sans profession. Il se maria le 12 janvier 1926 à Angoulême (Charente) avec Marie Albertine Cécile Bouchaud.
Ancien enfant de troupe, il fit ses études à l’école militaire d’infanterie de Saint-Maixent puis à l’École d’application des chars de combat, à Versailles. En 1930, il était chef de section avec le grade de lieutenant au 502e régiment de chars à Angoulême (Charente).
Promu capitaine en 1936, il fut affecté au 507e régiment de chars de combats à Metz, sous les ordres du colonel de Gaulle qui le remarqua pour ses qualités de manœuvrier. Il participa au début de la guerre et combattit avec la 4e division cuirassée du colonel de Gaulle en juin 1940 et sa brillante conduite au feu lui valut la Légion d’honneur. En 1941 il obtint le grade de commandant et fut nommé chef d’état-major du 151e régiment d’infanterie dans l’armée d’armistice, à Lons-le-Saunier (Jura). Dès la dissolution de l’armée d’armistice le 28 novembre 1942, il prit contact avec le capitaine Le Henry qui avait été sous ses ordres afin de reprendre la lutte avec lui dans la Résistance. Le commandant Marielle-Tréhoüart qui commandait un bataillon du 151e RI reçut du général Frère en janvier 1943 le commandement de l’ ORA du Jura. La majeure partie des cadres du 151e RI suivit à l’armée secrète (AS) du Jura le commandant Foucaud qui en prit le commandement en mai 1943 en remplacement d’Henri Barbier qui venait d’être arrêté. Il se donna les pseudonymes de "Quasimodo" et "Philippe" et organisa la Résistance dans le Jura multipliant les sabotages sur la voie ferrée Besançon-Lyon, accueillant des personnalités de la Résistance sur le terrain d’aviation de Courlaoux pour les protéger ou les faire évader. Il dut également accueillir les nombreux jeunes réfractaires au STO qui se rassemblaient et les répartir dans la forêt de Montrond par petits groupes encadrés de sous-officiers du 151e RI.
Malheureusement beaucoup de ces petits maquis furent attaqués par l’ennemi et décimés.
Au début 1944 les deux organisations ORA et AS fusionneront pour former les FFI et le commandant Marielle-Tréhoüart dira dans ses mémoires : "Foucaud avait des maquis, manquait de cadres, j’avais des cadres, aucun maquis".
Le 7 avril 1944, l’ennemi lança l’Opération Frühling contre les maquis de l’Ain et du Haut-Jura et l’état de siège fut proclamé. La région fut mise à feu et à sang et il y eut de nombreuses arrestations dont celle du commandant Valin, chef des maquis du Haut-Jura qui se constitua prisonnier pour éviter des représailles et sera fusillé après avoir été torturé.
Après ces événements le commandant Foucaud adressa un appel à Londres pour renouveler les demandes d’armement.
Le 25 avril 1944 au retour d’une mission en Charente suite au bombardement de la poudrerie d’Angoulême, il passa la nuit dans la chambre qu’il occupait au village et le lendemain 26 avril, il se rendit au château Saint-Georges, propriété de son chef d’état-major le capitaine Romuald Vandelle, dans le hameau de Beyne, à Trenal (Jura) pour participer à une réunion de l’état-major départemental FFI. À la suite d’une dénonciation, le château fut encerclé le 26 avril vers onze heures par une colonne SS allemande. Romuald Vandelle ainsi que le capitaine Le Henri purent s’enfuir mais René Foucaud qui souffrait d’une sciatique n’en eut pas le temps. En tentant de franchir une haie de fils de fer barbelés, il resta accroché et fut blessé mortellement à la tête par une rafale de mitrailleuse. Il venait d’être nommé lieutenant-colonel mais il n’eut pas le temps de l’apprendre. Les Allemands qui ne savaient pas encore à qui ils avaient à faire pillèrent le cadavre et interdirent que son corps soit déplacé. Il sera inhumé de nuit par deux courageux habitants de Beyne, Messieurs Baron et Thiellet, au cimetière de Trenal (Jura) malgré les menaces de la Gestapo qui s’était aperçue que les Allemands venaient de tuer le chef de l’AS du Jura. La ferme du château fut incendiée et Marie Rose Vandelle, épouse de Romuald Vandelle sera déportée à Ravensbrück.
Le corps de René Foucaud fut exhumé le 4 octobre et ses obsèques eurent lieu le 7 octobre à Lons-le-Saunier. Il fut ensuite transféré en Charente où il fut inhumé dans le caveau familial, au cimetière communal, à Vouharte.
L’acte de décès fut dressé le 27 avril 1944 à Trenal, au nom d’un inconnu. Il fut identifié par un jugement rectificatif de décès en date du 28 novembre 1944, transcrit le 3 décembre 1944, à Trenal (Jura).
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut décoré à titre posthume de Médaille de la Résistance Française avec rosette. Il obtint une citation à l’ordre de l’armée comportant l’attribution de la Croix de guerre avec palme.
La Citation est libellée en ces termes : « Officier de chars particulièrement brave et énergique. A commandé avec bonheur le 8 juin 1940 un Groupe d’unités de Chars, 10ème et 4ème Bataillons, à Milly-sur-Thierrain. Le 9 juin, au cours du combat du Mont Saint-Adrien, alors qu’il était pris sous le feu des éléments ennemis qui avaient réussi à pénétrer dans le dispositif des chars, a montré une fois de plus son courage et son sang-froid. »
Il fut homologué au grade de chef de bataillon des Forces françaises de l’intérieur (FFI), dossiers SHD GR 16 P 229505 et AC 21 P 186147 (non consultés).
Son nom figure sur le monument commémoratif à son hommage, à Trenal et sur le monument aux morts, à Lons-le-Saunier (Jura).
La stèle de Trenal porte l’indication suivante : « Ici fut le dernier refuge du Commandant René FOUCAUD, chef départemental de la Résistance, abattu à proximité par la Gestapo, le 28 avril 1944. »
Une rue de Lons-le-Saunier porte également son nom (commandant Foucaud) depuis le 8 mai 1982.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article214922, notice FOUCAUD René, Léo par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 24 avril 2019, dernière modification le 3 janvier 2021.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Allocution prononcée par le Général Le Henry, à l’occasion de l’inauguration de la rue du commandant Foucaud à Lons-le-Saunier.— François Marcot, La Résistance dans le Jura, éd. Cêtre, Besançon 1985.— Site jeanmichel.guyon.free.fr/monsite/histoire/e2m/commandantfoucaud.htm.— André Robert Jura 1940-1944 Territoires de Résistance, éditions du Belvédère, Pontarlier, 2016.— Musée de la Résistance 1940-1945 en ligne.— Mémorial Genweb.— État civil (actes de naissance et décès).— Notes de Michèle Mirebeau, fille du commandant.

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