AGARTZ Victor

Par Jacques Droz

Né le 15 novembre 1897 à Remscheid, mort le 9 décembre 1964 à Cologne ; syndicaliste social-démocrate de gauche.

Fils d’un ouvrier métallurgiste, Victor Agartz fit des études d’économiste, entra en 1918 au SPD et dirigea une coopérative de consommation à Cologne. Le régime nazi lui fit quelques ennuis mais, devenu contrôleur économique, il utilisa ses fonctions pour préserver les biens d’organisations religieuses. Lié avec Kurt Schumacher, appointé par les Britanniques comme responsable des questions économiques dans leur zone, il prononça au congrès de Hanovre en 1946 un discours remarqué, dénonçant le capitalisme comme incapable de porter remède à l’économie allemande, tout en préconisant des réformes de structure modérées qui laisseraient subsister l’initiative privée et la libre entreprise ; cette manifestation oratoire lui valut au Vorstand du Parti social-démocrate un nombre de voix presque égal à celui de Schumacher. Devenu leader du radicalisme syndical, le point culminant de la carrière d’Agartz fut le congrès du DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund) de Francfort en 1954, qui préconisa le durcissement social de la confédération et la lutte contre la politique de réarmement de la RFA. Mais, nommé par Hans Böckler à la tête de l’institut d’études économiques des syndicats DGB (WWI) dont le siège était à Cologne, son caractère ombrageux, ses relations conflictuelles avec l’un de ses collaborateurs, Bruno Gleitze, l’influence qu’exerçait dans certains milieux son marxisme agressif, entraînèrent son licenciement en 1955. L’année suivante, il fut arrêté pour avoir touché en RDA des sommes élevées pour éditer un bulletin, Wiso, d’orientation communiste. Défendu par Gustav Heinemann et Wolfgang Abendroth, il fut acquitté par le tribunal de Karlsruhe, mais exclu du SPD en 1958, du DGB en 1960. La même année, il prit part à Stuttgart à la fondation de la Deutsche Friedens-Union (DFU), parti neutraliste qui n’eut pas d’avenir. Il mourut amer et désabusé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article215932, notice AGARTZ Victor par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 18 juin 2019.

Par Jacques Droz

SOURCES : T. Pirker, Die blinde Macht. Die Gewerkschaftsbewegung in Westdeutschland, 2 vol., Munich, 1960. — E. Richert, Die radikale Linke. Von 1945 bis zur Gegenwart, Berlin, 1969. — B. Koolen, Die wirtschafts- und gesellschaftspolitische Konzeption von Victor Agartz. Zur Neuordnung der deutschen Nachkriegsgesellschaft, Cologne, 1979. —V. Gransow, M. Krätke, Victor Agartz. Gewerkschaften und Wirtschaftspolitik, Berlin, 1978. — Helga Grebing (éd.), Geschichte der sozialen Ideen in Deutschland, Munich, 1969. —Lexikon, op, cit.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément