CAUTAIN Robert, Charles, François

Par Jean-Christophe Perignon

Né le14 Août 1929 à Dijon (Côte d’Or), mort le 23 mai 2018 à Talant (Côte d’Or) ; architecte ; militant syndical CFTC puis CFDT, militant associatif et politique ; conseiller municipal PSU

Fils de Charles Louis François Cautain né en 1892 à Arnay le Duc (Côte-d’Or), décédé en 1965 à Dijon (Côte-d’Or), employé de banque au Crédit Lyonnais, et de Marie Jeanne Suzanne Cautain née Greby, en 1899 à Beaune, décédée en 1936, sans profession. Le mariage de ses parents a été célébré à Arnay-le-Duc le 11 octobre 1921.

Les parents de Robert furent indifférents à la religion et à la politique. Il fut cependant baptisé et fit sa première communion, il fut le second d’une fratrie de trois enfants le premier étant décédé très jeune. La famille habita au 6 de la rue Brillat-Savarin à Dijon, quartier Chevreul, dans les maisons « Loi Loucheur » avec peu de confort, mais un jardin avec un cerisier.
Il fréquenta dès 1934 la maternelle, puis le cours préparatoire et élémentaire de l’école Chevreul. Robert bénéficia comme beaucoup d’enfants issus de milieu populaire de l’Éveil, le patronage de la paroisse Saint-Pierre à Dijon et de la colonie de vacances de La Bergerie, route de Corcelles-les-Monts, à Dijon.
Après le décès de sa mère en 1936, il vécut chez sa grand-mère à Arnay-le-Duc pendant trois ans, avant de rejoindre en 1940 Dijon et d’intégrer le CM2 à l’école Chevreul, où il y obtint son certificat d’études primaires.
Il passa la 1ère année de collège à l’école Tivoli qui fut ensuite occupée par les Allemands. C’est à la caserne Brune devenue collège et lycée qu’il apprendra l’allemand.
Entre temps, son père se remaria le 30 avril 1940 avec Suzanne Galley.
A quatorze ans en 1943, il fut décidé qu’il devait rejoindre le monde du travail. Il entra en apprentissage chez Javelle et Parizot architecte à Dijon où il aurait dû apprendre le dessin en bâtiment, mais il effectua davantage les travaux de coursier. Il suivit des cours aux Beaux Arts et rapidement entra chez Delavaut architectes où il poursuivit son apprentissage. En 1946 il obtient le diplôme de dessinateur en bâtiment.
Il devint indépendant financièrement échappant à l’emprise de sa famille qu’il qualifiait de « totalitaire ».
Dans le même temps, il milita à la JOC, y fit la connaissance en 1945 dans une rencontre a Dôle d’ Eugène Descamps, permanent de la JOC. Au plan local, il se lia avec Henri Potot, ancien fédéral de la JOC, et avec Paul Lamarche responsable fédéral de la JOC .Ces deux militants eurent sur lui une influence prépondérante, l’éveillant aux problèmes sociaux.
Au conseil de révision en 1948 il fut ajourné eu égard à sa petite constitution, mais en 1949 il sera déclaré « bon pour le service » et sera affecté en 1950 au 1er régiment de tirailleurs sénégalais. Avec son régiment il effectua différentes missions : au Sénégal à Dakar et Saint-Louis puis à Attar en Mauritanie et en Guinée à Kankan où il fut affecté au 4 BCCP (bataillon des chasseurs coloniaux parachutistes). Il fut caporal-chef. Il découvrit l’Afrique, les Africains, le système colonial empreint de racisme, ségrégation, haine, intolérance, mais aussi l’existence du mouvement d’indépendance avec Senghor, Boigny, N’Nkrumah. Dans le contexte de la guerre en Indochine, il lui faudra quelques temps pour trouver une posture entre le soutien et la dénonciation du colonialisme. Il fut libéré des obligations militaires en 1951. À son retour Robert Cautain opta pour l’anti-militarisme et l’anti-colonialisme, il participa à toutes les manifestations contre les guerres coloniales.
Il se maria en 1953 avec Michèle Robert à l’église Sainte Jeanne D’Arc de Dijon. En 1954 naquit leur premier enfant, le dixième et dernier naîtra en 1979. Robert Cautin reprit le travail chez l’architecte Delavault rue Charles Dumont à Dijon. À partir de 1957, il entra comme dessinateur dans l’entreprise Lonati spécialisée dans le bâtiment rue Fèvret à Dijon. En 1958 il rejoignit les établissements Estiot (acier et béton) rue du Transvaal à Dijon. Enfin à partir de 1960 il entra comme dessinateur projeteur chez l’architecte Paul Chaudonneret ; il y restera plus de vingt années.
A partir de 1974 et pendant trois années Robert Cautain suivit les cours de l’Association professionnelle nationale et Paritaire pour la formation professionnelle continue et la promotion sociale des salariés d’architectes (PROMOCA), il y obtint en mars 1977 un diplôme d’architecte DPLG. En 1982, suite à la crise du bâtiment Robert fut licencié.
Le couple entra en contact par le biais du Père Henri Latour et de Michel Garneret avec les militants ouvriers chrétiens de l’ACO très engagés dans la vie syndicale et politique et plus particulièrement de la famille de François ROY.
En 1960 la famille Cautain s’installa à Talant (Côte d’or), et Robert adhéra au PSU par l’intermédiaire d’Omer Drigny.
En 1957 il adhéra à la CFTC, en 1961 il participa avec Jean Richard et Jean Denis, au développement du syndicat départemental du Bâtiment CFTC . Robert Cautain en fut tour à tour président et secrétaire. Ils furent rejoints par Michel Étiévant. À cette époque Henri Potot, était secrétaire de l’UD CFTC. Lors de la déconfessionnalisation de la CFTC il poursuivra son action à la CFDT et siègera au comité de l’UD du 12 décembre 1965 au 10 février 1968. Puis en 1971, il fut élu sur liste CFDT, conseiller Prud’hommes. Il assura deux mandats jusqu’en 1979 dans le collège employés.
Robert Cautain fut membre de l’Association départementale d’aide aux migrants avec le docteur Jean Drouet. Il fut également adhérent à la Vie Nouvelle et participa au Club Citoyens 60.
Il adhéra à la COPRONAT (connaissance et protection de la nature), association pour la défense de l’environnement et du cadre de vie
En 1977, Robert Cautain se présenta au titre du PSU aux élections municipales a Talant. Il fut élu conseiller Municipal sur une liste de gauche « Talant Demain » conduite par le socialiste Michel Houelle. C’est à cette municipalité que l’on doit la « non urbanisation » de la zone dite des balcons qui deviendra le parc de la Fontaine aux Fées.
Il présida la commission « vie démocratique » et participa pendant 6 ans à l’écriture de la revue « Talant s’exprime ». Robert Cautain fut également membre de la commission d’urbanisme.
En 1983, il se représenta sous l’étiquette PSU aux élections municipales de Talant sur la liste « Talant Demain », conduite par le socialiste Michel Houelle, mais il ne fut pas réélu.
A partir de 1984 il rejoignit le parti écologiste « les Verts » qui se construit.
En 1977, il soutient les objecteurs de conscience avec Yves Hollinger en renvoyant son livret militaire. Une délibération du conseil municipal de Talant en date du 27 mai 1977 apporta son soutien aux objecteurs de conscience.
En 1979, il rejoignit les comités de solidarité avec l’Amérique latine et l’action de soutien contre les expulsions des immigrés des foyers SONACOTRA, avec Jean Marie Petey, professeur au lycée Hippolyte Fontaine et Marie-Jo Laverne (Cfdt DASS)
À partir de 1986, sous l’égide de l’Union Régionale Interprofessionnelle CFDT Bourgogne, Robert fut sollicité par Paul Plagne, pour rejoindre un groupe de militants engagés dans une action de coopération au Burkina Faso, il y effectua plusieurs missions traitant du développement rural.
Adhérent de l’association « Robin des Toits », en 2011, il participa à la création de l’association une terre pour les EHS (personnes Electro-hypersensibles). En 2016, il rejoignit le collectif Anti Linky opposé au nouveau compteur électrique.
Doué d’un sens artistique, Robert mit ses compétences au service des causes qu’il défendait, que ce soit par la sculpture, le dessin humoristique et parfois la poésie ou la chanson.

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Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article219952, notice CAUTAIN Robert, Charles, François par Jean-Christophe Perignon, version mise en ligne le 3 novembre 2019, dernière modification le 3 novembre 2019.

Par Jean-Christophe Perignon

SOURCES : Entretiens avec Robert Cautain, Jean Denis, Paul Plagne et Jacques Puhl, Bernard Thouzeau de Copronat. — Brochure de l’UD CFDT Côte d’Or « du syndicalisme chrétien au syndicalisme démocratique » publiée en 2014 à l’occasion des 50 ans de la CFDT. — Association Bourguignonne des Amis du Maitron.

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