FAURE Jean, dit Maximin

Par Mauricette Laprie

Né le 12 mai 1874 à Salleboeuf (Gironde) ; ouvrier frappeur ; anarchiste de Bordeaux.

Fils de Léonard Faure, tailleur de pierres et de Catherine Mercier, sans profession, Jean Faure se maria le 22 février 1900 à Bordeaux (Gironde) avec Marthe Vilatte, sans profession, née le 25 juin 1881 à Périgueux (Dordogne). Ils divorcèrent le 13 mars 1917.
Employé à la distillerie Picon à Bordeaux Bastide, il embaucha en juillet 1893, comme ouvrier frappeur aux Chantiers et ateliers de la Gironde, quai de Qeyries à Bordeaux. Jean Faure était identifié par le commissaire central de police de Bordeaux comme anarchiste militant tout à fait imbu des doctrines anarchistes et dont la devise était « Ni patrie, ni armée, ni frontières ».
Dans la nuit du 13 au 14 janvier 1894, il fut surpris en flagrant délit d’affichage de placards anarchistes sur les murs de l’hôtel de ville de Bordeaux – affiche intitulée « Les dynamitards aux panamitards » portant la date Londres 12 décembre 1893 (voir Chevry), il était en compagnie de Maurice Malissin et Paul Roubineau. Ils avaient auparavant collé un autre placard cours du 30 juillet en face des allées d’Orléans titré « Manifeste des dynamiteurs », imprimé sur papier rouge et portant la fausse indication « Imprimerie nationale à Paris », contenant une apologie du crime d’Auguste Vaillant à la Chambre des députés.
Accusé de provocation au meurtre, au pillage, à l’incendie et à l’affichage d’écrits contenant l’apologie de ces crimes, il fut écroué au Fort du Hâ, puis libéré sous caution le 19 janvier. Par arrêt du 12 avril 1894, la chambre des mises en accusation de la Cour d’appel de Bordeaux, le renvoya devant la Cour d’assises de Bordeaux. Le 7 mai 1894, lors de son procès, le jury déclara les circonstances atténuantes – en raison de son jeune âge, de sa conduite et de sa moralité favorables, il fut condamné à une peine de 6 mois d’emprisonnement, au remboursement envers l’Etat des frais de la procédure liquidés à la somme de cinquante-sept francs quarante centimes et à la confiscation des placards saisis. En sortant du tribunal il s’écria « Vive le bonheur de l’humanité ».
Libéré le 12 juillet 1894, il recommença à travailler le 24 juillet aux ateliers Dyle et Bacalan, entreprise bordelaise de construction de matériel ferroviaire, où il resta jusqu’en novembre 1895. Le 16 novembre, il fut incorporé pour 3 ans de service militaire au 14ème régiment d’artillerie à Tarbes. Son passage fut signalé à Bordeaux le 1er septembre 1897 « venant de Paris, où il serait allé conduire des chevaux de remonte. Il a été vu vers le 24 rue Dauphine en compagnie des anarchistes Dutheil et Antignac ».
Par lettre du 12 juin 1900 adressée au Préfet de la Gironde, il demanda à se faire rayer de la liste des anarchistes. Dans son rapport du 23 juin 1900, le commissaire rendit un avis favorable à sa demande « il a tout à fait abandonné les compagnons anarchistes, travaille régulièrement chez Dandicol St Gaudin (Etablissements Dandicolle et Gaudin produisant des conserves de viandes et légumes, des fruits au jus et des confitures, de la moutarde… installés 18 quai de Queyries à Bordeaux), marié depuis un an, va être bientôt père ». Le 3 juillet 1900 le Préfet le raya de la liste des anarchistes de Bordeaux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228126, notice FAURE Jean, dit Maximin par Mauricette Laprie, version mise en ligne le 23 mai 2020, dernière modification le 23 mai 2020.

Par Mauricette Laprie

SOURCES : Arch. Dép. Gironde 1 M 471, 493 et AN BB 186451. — Cour d’assises de Bordeaux 1894. — La Petite Gironde 8 mai 1894. — État civil de Salleboeuf, Bordeaux (Gironde).

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