RENAUD Jules [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né le 16 octobre 1851 à Anteuil (Doubs) ; cordonnier et concierge ; anarchiste à Paris et à Londres.

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Jules Renaud, comme de très nombreux compagnons, tant à Paris qu’en banlieue et en province, avait été arrêté le 22 avril 1892, à son domicile, 113 rue de Ménilmontant, préventivement à la manifestation du 1er mai.
Le 27 janvier 1893, un rapport de l’indicateur N°2 faisait savoir que « le journal anarchiste Le Père Peinard, soutenu en partie par les produits de la propagande par le fait, serait incessamment transformé en journal bi-hebdomadaire, et deviendrait plus tard quotidien, en vue du 1er mai. Les fonds nécessaires à cette publication proviendraient de l’émission de fausse-monnaie qui se fabriquerait en ce moment à Paris, sur une grande échelle, sous la direction de l’anarchiste Renaud, demeurant 113 rue de Ménilmontant, le compagnon aurait, de tout temps entretenu des relations avec les anarchistes de Paris, qui, il y a deux ans furent condamnés à 5ans de prison par la cour d’Annecy, pour émission de fausse monnaie. »
Le 4 mars 1893, Jules Renaud participa à la réunion de la salle du Commerce, regroupant 500 personnes, organisée par les anarchistes du XXe arrondissement.
Le 16 mars 1893, Renaud convoqua salle Nicaise, 1 rue des Petits-Carreaux, plusieurs anarchistes, pour assister au dépouillement de « dossiers volés ». Il avait été reconnu que divers rapports émanaient de la femme Caratoni (314.427). Il fut décidé de lui offrit une consommation et d’y ajouter un poison.
Le 22 avril 1893, il participa à une réunion 52 rue Chapon, organisée pour fêter l’acquittement de Francis.
Son adresse 113 rue de Ménilmontant figurait sur les registres de la Préfecture de police depuis avril 1893 où il était concierge de l’immeuble.
Le 6 mai 1893, Renaud était présent salle du Commerce, 94 rue du Faubourg du Temple à un meeting de 300 personnes organisé par les anarchistes de Paris.
Le 14 juillet 1893, il habitait 27 rue des Rosiers. Il figurait sur l’état récapitulatif des anarchistes au 26 décembre 1893.
Le 11 août 1893, l’indicateur N°2 faisait savoir que « Renaud, 113 rue de Ménilmontant qui l’année dernière se faisait le dénonciateur des indicateurs, serait à son tour accusé par ses coreligionnaires, d’être un mouchard et d’avoir appartenu à la Préfecture de police. C’est lui qui aurait dénoncé les frères Paris, originaires de la Savoie, condamnés il y a un an à cinq années de prison, pour fabrication de fausse monnaie. »
Le 25 septembre 1893, lors d’une réunion de 50 anarchistes à la salle Biron, 60 rue de Bretagne, pour organiser les mesures à prendre en vue des prochaines fêtes franco-russes. Renaud y expliqua qu’un individu se disant anarchiste et passementier, s’était présenté chez lui pour lui demander ce que les les anarchistes comptaient faire à l’arrivée des marins russes et s’ils allaient manifester. Renaud l’avait mis à la porte, le traitant de mouchard. Il mit en garde les assistants contre les pièges de la police.
Le 26 décembre 1893, l’indicateur A.J. envoya un rapport expliquant que Renaud touchait chez un débitant de vins rue Vieille du Temple, des mandats venus de l’étranger.
Jules Renaud avait été perquisitionné par le commissaire Duranton, le 1er janvier 1894, lors de la grande rafle contre les anarchistes. Diverses brochures étaient saisies. Tresse, dit Essert se faisait adresser sa correspondance chez Renaud mais celui-ci déclara ne le connaître que comme un bon tailleur et ne pas connaître son adresse.
Il fut arrêté le 27 février 1894, pour « association de malfaiteurs », suite à une perquisition où son domicile 27 rue des Rosiers, la police avait saisi une lettre et une brochure anarchiste. Il fut remis en liberté provisoire le 5 mars 1894.
Son dossier à la Préfecture de police portait le n°259.972. Il était noté comme anarchiste militant.
En août il se réfugiait à Londres avec Zo d’Axa. Son nom figurait alors sur une liste d’anarchistes établie par la police des chemins de fer en vue de la « surveillance aux frontières ».
À Londres il semblait avoir ouvert en octobre 1894 une petite échoppe au 4 Little Goodge Street à Tottenham. Son domicile du 32 Pitt Steet, servait de lieu de rendez-vous à de nombreux compagnons dont Capt, Guérineau, Lapie, Rappa, Pouget, Malato et Malatesta. Les indicateurs signalaient également que Parmeggiani se rendait souvent dans son échoppe. Sa compagne l’avait rejoint à Londres où elle allait travailler comme femme de ménage.
En janvier 1896, selon des rapports d’indicateurs, certains compagnons le soupçonnaient d’être un mouchard et le "tenaient en surveillance sans, jusqu’à ce jour, avoir pu le prendre au piège".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244510, notice RENAUD Jules [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 27 décembre 2021, dernière modification le 27 décembre 2021.

Par Dominique Petit

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York
Fiche photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

SOURCES : C. Bantman « Anarchismes et anarchistes… », op. Cit. — Le Père Peinard année 1892 — Archives de la Préfecture de police Ba 78, 310, 1500, 1509 (anarchistes résidant à l’étranger) — [Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — La Libre parole 2 janvier 1894 — Le Journal 2 janvier 1894 — Notice Jules Renaud du Dictionnaire des militants anarchistes.

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