GAUTHÉ Pierre

Par Éliane Laurent, Gilles Morin

Né le 12 juin 1900 à Champvert (Nièvre), mort le 31 décembre 1986 à Varennes-Vauzelles (Nièvre) ; cheminot ; syndicaliste unitaire (CGTU), militant socialiste de la Nièvre ; conseiller municipal de Nevers (Nièvre), président du Comité départemental de Libération.

Photo extraite du journal Socialisme du 6 juillet 1946 provenant des fonds des Arch. Dép. Nièvre.

Pierre Gauthé était secrétaire de l’Union locale CGTU de Nevers (Nièvre) en 1928 lorsqu’il démissionna de ce poste par suite d’un désaccord avec la direction fédérale du Parti communiste. Comme A. Coudert, secrétaire de l’Union départementale CGTU, Pierre Gauthé semble ne pas avoir approuvé le maintien des candidats communistes au second tour des élections. Il fut remplacé par René Chatout. Animateur de la minorité au sein de la section CGTU des cheminots de Nevers avec A. Coudert, il collabora au Cri du peuple en 1930 et fut membre du comité des « 22 » pour l’indépendance et l’unité syndicales. En décembre 1930 les communistes reprirent la direction du syndicat des cheminots en faisant approuver une motion affirmant « le rôle dirigeant du Parti » et dénonçant « le rôle néfaste des minoritaires ».

Pierre Gauthé fut candidat aux élections municipales complémentaires de Nevers en mai 1932 sur une liste d’union ouvrière et adhéra cette même année au PUP en compagnie d’E. Périn* et Gustave Duchemin. Il fut élu conseiller municipal de Nevers en 1935. Il adhéra vraisemblablement à la SFIO avec la majorité des membres du PUP en 1937.

En janvier 1941, un noyau résistant à dominante socialiste fut créé sur l’initiative de Pierre Gauthé et de six de ses camarades. Il chargea le lieutenant-Colonel Gaston Roche, futur commandant Départemental des FFI, de constituer une organisation militaire. Gauthé était encore responsable clandestin de la SFIO dans la Nièvre. Le groupe adhéra à Libération-Nord en 1943 par l’intermédiaire du syndicaliste Petit, lui-même en relation avec Henri Ribière*. Il recrutait dans le monde enseignant, avec Lhospied*, et dans les communications, avec Mme Béchaud. En 1944, il contribua à la mise en place du Comité Départemental de la Libération, avec Gaston Roche. Ils durent partir précipitamment de Nevers, la Gestapo s’étant présentée à leur domicile. Leur organisation aurait groupé huit mille hommes dans les maquis du Morvan (maquis Bernard) pour les combats de la Libération.

Les troupes ennemies chassées, Pierre Gauthé cumula les responsabilités. Il présida le Comité départemental de Libération (CDL) de la Nièvre en octobre 1944, et devint président et fondateur de « l’Assemblée des maquisards et résistants de la Nièvre » et présidait Libération-Nord de la Nièvre en août 1945.

Confirmé dans ces fonctions de conseiller municipal provisoire de Nevers en octobre 1944, Pierre Gauthé, secrétaire de la section SFIO de la ville, échoua comme candidat SFIO aux cantonales de septembre 1945 à Nevers. Il obtint 2 878 suffrages, loin derrière le communiste Barbot (7 699) et le MRP Bourdillon (6 137 voix). Ce dernier devait être élu au deuxième tour, après le retrait de Gauthé.

En dépit de cet échec électoral, Pierre Gauthé qui conserva la responsabilité de la section jusqu’en 1952 au moins, assura la fonction de secrétaire adjoint de la fédération SFIO en septembre 1945. Il était conjointement secrétaire administratif de la fédération en 1946-1949, avec Léon Dagain, sans « délimitation précise » de leurs attributions. À ce titre, il participa à de très nombreuses réunions nationales, notamment la conférence des secrétaires fédéraux SFIO des 23 et 24 février 1946, au conseil national du 9 juin 1946 où il intervint pour critiquer la politique suivie par le parti envers l’UDSR et le MRP dont il dénonçait l’anticommunisme et à la conférence des secrétaires fédéraux de février 1947.

Pierre Gauthé s’opposa violement au vétéran Gamard* au congrès fédéral de février 1949, après l’échec du candidat socialiste au Conseil de la République et démissionna alors du bureau fédéral. Mais il restait membre de la commission administrative fédérale en 1952-1953. Il collabora au Journal du Centre.

En juin 1958, alors que la scission de la SFIO était déjà en marche, il écrivit au directeur de Tribune du Socialisme pour dire à ses camarades minoritaires socialistes : « Pas d’accord avec vous ! ». Il rappelait à cette occasion avoir contribué à la prise de position de la majorité fédérale contre la politique de Guy Mollet en Algérie, mais voulait éviter la scission. Il considérait que les capacités de résistance de la classe ouvrière était « nulles » et refusait par ailleurs tout Front populaire. Depuis les événements de mai, il dirigeait le Comité de liaison associant les UD de la CGT-FO et de la CFTC et les organisations républicaines, excluant les organisations communistes et communisantes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article4221, notice GAUTHÉ Pierre par Éliane Laurent, Gilles Morin, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 16 janvier 2021.

Par Éliane Laurent, Gilles Morin

Photo extraite du journal Socialisme du 6 juillet 1946 provenant des fonds des Arch. Dép. Nièvre.

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/3215 et 3240. F/1cII/278. — Arch. dép. Nièvre. — Arch. OURS, dossiers Nièvre. — Arch. A. Seurat.— Le Syndiqué du Cher, 1928. — L’Émancipateur. — Le Cri du Peuple, 1930-1931. — État civil de Champvert.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément