KUNZ Charles

Né le 7 avril 1849 à Paris ; jardinier à Créteil (Seine, Val-de-Marne) ; communard, déporté en Nouvelle-Calédonie, où il mourut en 1879.

Célibataire, Charles Kunz officiellement résidait à Clichy (Seine). Il avait été condamné le 5 avril 1870 à deux mois de prison pour coups et blessures ; d’après certains témoins il aurait subi une autre condamnation à treize mois de prison pour soustraction frauduleuse.
En septembre 1870, il fut incorporé dans le 81e régiment de ligne comme appelé ; il passa au 46e régiment de ligne le 26 novembre suivant (armée de la Loire) et vint à Paris après l’armistice. Il fit des absences illégales, puis déserta dans la nuit du 18 au 19 mars 1871, au moment où son régiment quittait le Palais de l’Industrie pour se diriger sur Versailles. Il fut arrêté le 27 juin 1872. Du 19 mars jusqu’au 6 juin il aurait été occupé comme jardinier à Créteil (Seine) ainsi que l’attestait un certificat produit par Kunz, mais son patron de Créteil déclara qu’il n’était resté à son service que du début d’avril au 20 ou 21 mai et que, pendant ce temps, il se rendait à Paris une ou deux fois par semaine. D’après certains témoignages, il aurait eu le grade de caporal ; selon d’autres, il était simple garde au 103e bataillon fédéré.
Ses père et mère et un de ses frères furent arrêtés pour participation à l’insurrection. Ils furent relâchés après une « assez longue prévention ». Kunz avait eu un ou deux enfants d’une « pauvre fille » qui vendait des fleurs. Le 29 novembre 1872, il fut condamné à mort et à la dégradation militaire « pour désertion à l’ennemi, et avoir porté les armes contre la France (insurrection de Paris) ». Le jugement était du conseil de guerre permanent de la 10e division militaire ; le 8 mars 1873 la peine fut commuée en travaux forcés à perpétuité, puis le 15 novembre 1879, en dix ans de bannissement. Il tenta de s’évader en novembre 1876 avec Trinquet, Vinot, Viard et dix autres condamnés, mais ils furent repris. Kunz fut puni cinq fois en 1874 pour divers actes d’indiscipline, puis trois fois en 1876. Il était mort un mois avant sa grâce, le 10 novembre 1879, à l’hôpital de Numbo, presqu’île Ducos : il serait le dernier mort de la déportation.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article62771, notice KUNZ Charles, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 12 mai 2021.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/788 et 867, BB 27, H colonies 381. — Jean Allemane, Mémoires d’un Communard, op. cit., p. 471. — Note de Louis Bretonnière. — Site Filae.

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