MONTEIL Edgar, Charles, François

Né le 26 janvier 1845 à Vire (Calvados), mort le 16 juillet 1921 à Villejuif (Seine, Val-de-Marne) ; journaliste, écrivain ; communard.

Edgar Monteil fit ses études aux lycées de Lyon et Saint-Étienne ; célibataire ; ses études terminées, il se lança dans le journalisme. Il publiait en 1867 une feuille : L’Étudiant ; en 1869 il collaborait au Rappel, qu’il abandonna pendant la guerre et la Commune ; il aurait été auparavant rédacteur à L’Opinion nationale. Pendant la guerre de 1870, il suivit le gouvernement à Tours ; il avait une maladie de poitrine qui l’empêcha de faire aucun service.

En mars 1871, il revint à Paris ; fin avril, il était lieutenant d’état-major sous les ordres de La Cécilia, puis il passa dans le service du colonel Henry avec l’emploi de commandant de place sans en avoir le grade ; il servait de secrétaire-général à Delescluze au ministère de la Guerre. Il reçut par exemple Beaubiat, délégué de la Société populaire de Limoges, envoyé auprès de la Commune, et lui expliqua le sens de la révolution communaliste : non pas une révolution parlementaire à la manière « bourgeoise » avec constitution d’un ministère, mais une révolution « fondamentale », fédéraliste et décentralisatrice.

Arrêté après la Commune, il fut condamné, le 3 novembre 1871, par le 5e conseil de guerre, à un an de prison et cinq ans de privation des droits civiques. Après l’expiration de sa peine, il revint au Rappel (1872). En 1874, nouvelle condamnation à la requête des Frères de la Doctrine chrétienne pour un livre intitulé Histoire d’un Frère Ignorantin, condamnation à 2 000 f d’amende, 10 000 f de dommages et intérêts et deux ans de contrainte par corps ; à la suite de cette condamnation, il passa en Belgique et en Suisse où il resta jusqu’en 1879. En 1877, il publiait le Catéchisme d’un Libre-Penseur ; en 1879 il était rédacteur en chef de la République française.
En 1880 et jusqu’en 1887 il fut conseiller municipal de Paris pour le quartier du Petit-Montrouge, XIVe arr., ; en 1887, il échoua à une élection législative partielle dans l’Isère. En 1888, il fut nommé par Floquet, le 20 juin, préfet de la Creuse et le demeura deux ans ; en 1890, il entra à la Petite République avec Goblet et Millerand, puis à la Lanterne ; il donnait des articles à l’Express de Limoges. Bourgeois le nomma contrôleur des services externes du département de l’Intérieur et, en 1898, il fut de nouveau nommé préfet de la Creuse. En 1900, il était fait préfet de la Haute-Vienne par Waldeck-Rousseau ; il appliqua avec rigueur la loi de 1901 sur les associations et se montra l’ennemi implacable des congrégations religieuses. En 1905, il fut nommé directeur de l’asile de Villejuif ; il y mourut.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76127, notice MONTEIL Edgar, Charles, François, version mise en ligne le 29 janvier 2010, dernière modification le 30 juin 2020.

ŒUVRE : Écrivain fécond, auteur de nombreux romans, il publia notamment, en 1883, ses Souvenirs de la Commune, 1871, Bibl. Nat., in-16, 334 p., 8° Lb 57/8256, et en 1884 un Manuel d’instruction laïque, Bibl. Nat., in-12, 183 p., 8° R 6829.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/737 et renseignements fournis par A. Perrier (Haute-Vienne). — Arch. Gén. Roy. Belgique, dossier de Sûreté n° 275662 (en 1880). — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

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