SIBADE Marcel, Adrien, Jules

Par André Balent

Né le 21 octobre 1908 à Moux (Aude), mort le 28 septembre 1993 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; cheminot ; militant communiste et syndicaliste de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales ; résistant dans l’Hérault et le Lot-et-Garonne ; déporté ; conseiller municipal de Perpignan.

Fils d’Albert, Antoine, Guillaume Sibade, maréchal-ferrant âgé de 25ans (1908) et de Marie, Henriette, Marguerite Beley (ou Belly ?), Marcel Sibade, naquit dans un village du piémont septentrional des Corbières, près de la montagne d’Alaric. Audois, il fit carrière dans les Chemins de fer du Midi, dans l’Hérault puis dans les Pyrénées-Orientales, à la Compagnie du Midi (PO-Midi en 1934), puis à la SNCF (1937). En 1935, il travaillait en gare de Sète (Hérault) en qualité d’agent de trains. En 1937, il fut muté à Perpignan (Pyrénées-Orientales) où il se maria avec une Catalane. Il militait dans les rangs du PC et de la CGT et fut un des dirigeants du Secours populaire des Pyrénées-Orientales. En 1939, il était domicilié à Perpignan, rue de Venise, dans le quartier de la gare.

À l’automne 1939 (septembre ?), après la dissolution du Parti communiste, il participa avec François Cavaillez et Jean Poch à la constitution de la première organisation clandestine de ce parti à Perpignan. Georges Sentis (op. ciit., 1994, p. 113) évoque, à propos de cet épisode, le premier "triangle régional" (Région catalane) du PC. En novembre 1939, il fut fiché par la brigade spéciale comme étant « un des suspects communistes » fréquentant le café Maribaud, à la rue Foch. Au moment de la mobilisation, en septembre 1939, il avait été « affecté spécial » en gare de Perpignan.

À la suite de cette enquête, toujours considéré comme "suspect du point de vue national", il fut arrêté le 27 novembre 1940 à Perpignan. Il fut interné au camp ("centre de séjour surveillé") de Rivel (Aude) jusqu’en janvier 1941 puis à celui de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) jusqu’au 15 novembre 1941. Libéré, il fut assigné à résidence à Lodève (Hérault). Avec l’accord du PC clandestin dans lequel il militait par ailleurs, il fut recruté, en 1941, à l’AS.

Informé d’une menace d’arrestation, il put quitter l’Hérault et trouver refuge dans le Lot-et-Garonne. FTP dans ce département, il fut arrêté par la police allemande le 10 mai 1944. Transféré à Compiègne, il y fut détenu jusqu’au départ, le 4 juin 1944, d’un convoi pour le camp de concentration d’Hambourg (Neungamme). Par la suite, il fut détenu au kommando de Hanovre-Misburg où les détenus, au nombre d’environ 600, travaillaient pour la raffinerie en réalisant des déblaiements et des constructions. Transféré à Bergen Belsen, il fut libéré par les Britanniques le 23 mai 1945. Son transfert dans ce camp de concentration et la date de sa libération ne figurent pas sur le Livre mémorial de la déportation.

Marcel Sibade rentra à Perpignan en 1945. Un certificat de l’AS lui permit d’être homologué dans le grade de capitaine et de percevoir une pension. Il réintégra la SNCF et travailla en gare de Perpignan jusqu’à sa retraite en 1963. En 1947, il était chef de train.

Avant la scission de FO, il fut secrétaire adjoint du syndicat CGT des cheminots de Perpignan. Il en devint le secrétaire après la scission de FO et le demeura jusqu’en 1949. Il fut un actif militant du PCF (cellule des cheminots de Perpignan) et conseiller municipal de Perpignan de 1947 à 1953 (municipalités présidées par Félix Mercader et par Félix Depardon). En octobre 1947, il était en huitième position sur la « Liste d’Union républicaine et résistante de défense des intérêts de Perpignan » (PCF) conduite par André Tourné.

Après sa retraite, il s’installa à Montpellier (Hérault) où il vivait toujours en 1983. Il revint à Perpignan où il mourut en 1993.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76610, notice SIBADE Marcel, Adrien, Jules par André Balent, version mise en ligne le 29 juillet 2020, dernière modification le 29 juillet 2020.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, versement du cabinet du préfet, 13 septembre 1951, liasse 169, « suspects du point de vue national », rapport de la brigade spéciale au commissaire central de Perpignan, 10 novembre 1939. — Arch. com. de Moux, état civil. — Ramon Gual et Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II b, De la résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, p. 1060. — Georges Sentis, Les communistes et la Résistance dans les Pyrénées-Orientales. Biographies, Lille, Marxisme/Régions, 1994, 182 p. [p. 113]. — Le Républicain (quotidien, Perpignan), 11 octobre 1947. — Témoignage de Pierre Vile, cheminot retraité, militant communiste et syndicaliste, Perpignan, 17 novembre 1983. — Site de la FMD consulté le 28 juillet 2020.

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