AUBRUN Léon

Par Daniel Grason

Né le 14 novembre 1902 à Paris (XIVe arr.), mort en déportation le 5 août 1943 à Natzweiler (Bas-Rhin) ; imprimeur ; militant communiste ; résistant.

Léon Aubrun épousa Alice, Zélie Lefebvre, le couple eut un enfant, la famille vivait 53 rue du Couédic, à Paris (XIVe arr.), Léon Aubrun était ouvrier du livre, employé par l’Imprimerie J. Solsona à Paris (XIVe arr.), de 1924 à 1938. En 1938 il s’installa à son compte, au 31 avenue Villemain, dans le même arrondissement. Il a été mobilisé de septembre 1939 à août 1940.
Après avoir été employé par l’imprimerie Solsona au 9 rue Hallé (XIVe arr.), il s’installa à son compte au 31 avenue Villemain. Léon Aubrun fut membre du Front national à partir de mai 1941. Les deux imprimeries Solsona et Aubrun travaillaient pour le PCF clandestin. Des gardiens en civil du commissariat du XIVe arrondissement étaient de surveillance le 18 octobre 1942 rue Mouton-Duvernet. Vers 16 heures, deux hommes tirant une charrette à bras chargé passèrent à proximité d’eux, ils furent interpellés, l’un d’eux s’enfuyait, il a été rattrapé. La charrette était chargée de ramettes de papier de tracts édités par le parti communiste clandestin, le chargement de cinq cents kilos contenait 264 000 tracts.
Il s’était écoulé un peu plus d’une heure entre le moment de la location de la charrette et la saisie. Les policiers en déduisaient que le dépôt ou l’imprimerie où étaient stockés les tracts se trouvait dans un rayon de mille à mille cinq cents mètres. Les deux hommes Achille Fontana et Adrien Vendée furent probablement brutalisés. Le premier sympathisant communiste était appointé par l’organisation clandestine, le second ex. membre du parti également.
Le 19 octobre 1942 Aubrun a été interpellé dans son imprimerie par des inspecteurs de la BS1. Son installation comprenait une machine à imprimer à grand débit, une seconde de marque « Minerve », deux massicots, des caractères d’imprimerie et des lignes de composition de textes de tracts.
Son dépôt au 35 avenue Villemain servait au stockage des tracts. Furent saisis 560 000 tracts, et quatorze pages de composition linotype pour l’édition d’un tract sur la journée du 11 novembre 1942.
Fouillé il portait sur lui 13 500 francs, il déclara les avoir reçu du parti communiste. Lors de son interrogatoire où il fut probablement battu, il reconnut avoir perçu 30 000 francs de l’organisation clandestine pour l’impression d’autres tracts.
Inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939, il fut envoyé à la prison de Fresnes. Son épouse Alice a été interrogée mais pas inquiétée. Le 14 décembre 1942, Alice Aubrun demandait un certificat « attestant [de] l’internement de [son mari] Léon Aubrun » afin que sa fillette et elle-même aient la possibilité de percevoir « le secours pour les familles des internés administratifs. » Il lui fut répondu qu’il n’était pas interné administrativement, mais à la prison de Fresnes.
Emprisonné au fort de Romainville, puis déporté au départ de la gare de l’Est le 15 juillet 1943 en compagnie de Achille Fontana et Adrien Vendée à Natzweiller (Bas-Rhin), ils furent classés « NN » Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard), ce qui signifiait condamné à disparaître sans laisser de traces. Cette expression avait été empruntée par Hitler au livret de l’Or du Rhin de Richard Wagner.
Léon Aubrun matricule 4556 y mourut le 5 août 1943. Il a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté, interné, résistant (DIR).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10390, notice AUBRUN Léon par Daniel Grason, version mise en ligne le 11 avril 2018, dernière modification le 26 octobre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BS1 GB 68 et 1 W 162-43500, 77W 5369. – Dossiers du ministère des Anciens combattants. – Bureau Résistance GR 16 P 21301. – Notes de Jean-Pierre Besse et Marie-Cécile Bouju.

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