FIEUX Aristide [FIEUX Antoine, Aristide]

Par Madeleine Rebérioux

Né le 1er juin 1858 à Toulouse (Haute-Garonne), mort le 3 mars 1926 à Agen (Lot-et-Garonne) ; militant socialiste.

Aristide Fieux, fils d’un tanneur, devint maître d’hôtel, voyagea beaucoup pour son métier et s’installa finalement à Agen où il devint propriétaire d’un hôtel restaurant assez important. Parallèlement à l’aisance ainsi acquise, il poursuivit avec constance des activités de militant socialiste.

Il est assez difficile de savoir de quand date son adhésion. En tout cas, lorsqu’il fut, pour la première fois, en 1888, candidat au conseil municipal d’Agen, il figura sur la « liste républicaine radicale » qui s’opposait à la « liste radicale indépendante » d’un autre futur leader du socialisme agenais, Émile Trouillé. En 1892, il fit partie de la liste « républicaine progressiste ». Il ne fut pas candidat en 1896. En 1900, il fut élu pour la première fois sur une liste d’union radicale et socialiste. Réélu en 1904, il devint deuxième adjoint au maire radical, mais, après la réalisation de l’unité, il démissionna de ses fonctions d’adjoint. En 1908, il prit pour la première fois la tête d’une liste purement socialiste qui fut battue tout entière. La leçon porta en 1912 : il rentra au conseil municipal sur une liste de coalition contre les radicaux où figuraient quatre SFIO ; il conserva son mandat jusqu’en novembre 1919. Il avait été également candidat au Sénat en 1906 et au conseil général pour Agen I en juillet 1910.

A. Fieux assurait en même temps son autorité dans le Parti. À partir de 1905, il fut constamment membre du comité fédéral et délégué à tous les congrès nationaux de la SFIO (au congrès de Toulouse — 1908 — Fieux portait un mandat de la Loire-Inférieure) ; il n’y parlait guère d’ailleurs. À partir de juin 1907, il succéda à Cabannes comme secrétaire de la fédération de Lot-et-Garonne. Il défendit dans le Parti des positions dans l’ensemble très modérées et très hostiles aux tendances révolutionnaires, mais s’attacha, comme ses amis Lamaison et Cabannes, à l’organisation de la propagande régionale dans le cadre d’une certaine « solidarité guesdiste ». Il fut délégué, en 1907, au congrès international socialiste de Stuttgart. En 1911, il était président de la Bourse du Travail — Voir Cazeaux*.

Majoritaire pendant la guerre, Fieux, combattu par Renaud Jean, démissionna de la direction fédérale fin septembre 1918, resta à la SFIO en 1920. Réélu au conseil municipal d’Agen le 27 juillet 1922, il y siégea jusqu’en mai 1925, quelques mois avant sa mort.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article113270, notice FIEUX Aristide [FIEUX Antoine, Aristide] par Madeleine Rebérioux, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 18 décembre 2011.

Par Madeleine Rebérioux

SOURCES : Arch. Mun. Agen. — Lettre de M. Arès-Lapoque. — Le Combat, 1910-1912, organe de la fédération socialiste de Lot-et-Garonne. — Le Socialiste. — Comptes rendus des congrès SFIO 1905-1914. — Notes de Claude Pennetier.— Etat civil.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes I, op. cit., p. 377.

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