VALIÈRE James

Né le 30 novembre 1828 à Saint-Léonard (Haute-Vienne) ; mort le 11 décembre 1892 à Limoges ; ouvrier porcelainier ; membre de l’Internationale.

Avec Bergeron J.-B., peintre sur porcelaine, James Valière organisa en 1869 la réunion donnée rue du Consulat par les ouvriers porcelainiers, Minet et Benoît, délégués de l’Internationale, où étaient convoqués les ouvriers de divers corps de métier. Il fut parmi les organisateurs de la Chambre syndicale des porcelainiers fondée le 30 janvier 1870. Malgré le refus d’autorisation du ministère de l’Intérieur, une chambre fédérale des sociétés ouvrières fut organisée en avril 1870, en relations avec l’Internationale.
En septembre 1870, James Valière était membre du comité de la Société populaire organisée à Limoges dont il devint par la suite le président. Sa candidature au conseil municipal fut acclamée dans une réunion publique. Il ne l’accepta pas, disant que pour ces fonctions, il fallait des aptitudes et des capacités qu’il ne possédait pas et invita les électeurs à voter pour des candidats plus capables.
À partir du 9 janvier 1871, Valière, secrétaire du syndicat des porcelainiers, devint le correspondant du Conseil fédéral de l’Internationale.
Président de la Société populaire, il proclama la Commune à Limoges, le 4 avril 1871, et demanda au préfet de la Haute-Vienne d’éloigner de la ville les troupes régulières et de laisser à la Garde nationale le maintien de l’ordre.

En 1873, James Valière fut élu conseiller municipal de Limoges ; il exerça des fonctions municipales jusqu’en 1878. En 1877, il fut désigné comme rapporteur de la commission de l’instruction publique.
Le 2 juin 1876, il fit un rapport au nom de la commission municipale chargée d’envisager l’envoi d’une délégation d’ouvriers à l’exposition de Philadelphie. Il fut parmi les délégués et rédigea un rapport sur sa délégation. " Ce qui frappa son imagination, ce fut l’organisation sous une forme en quelque sorte maçonnique des sociétés de secours mutuels américaines, ainsi que le développement de l’instruction, laquelle était obligatoire dans l’État de New York. Lui aussi était mutuelliste et, en marge de son rapport, il réclama l’abrogation de la loi Le Chapelier et de l’article 291 du Code pénal. Il croyait à l’association pouvant permettre, grâce aux caisses d’économie, la création de coopératives de production. Il ne semble pas étranger aux tentatives de transformation de la chambre syndicale des porcelainiers, " l’Initiative ", en une coopérative de production, " la Céramique de Limoges ", qui s’effectua en 1874. Il avait été le correspondant de la première Internationale à Limoges [...] Il voyait dans le syndicat une sorte de société ouvrière de production en puissance, plutôt qu’une association de résistance. (P. Cousteix, L’Actualité de l’Histoire, décembre 1957).
En octobre 1876, il participa au Congrès ouvrier de la salle d’Arras comme délégué de la chambre syndicale des ouvriers porcelainiers. " La grève ne peut rien résoudre ", déclara-t-il dans la réunion où il fit le compte rendu de son mandat. — voir Hubert F. et Malinvaud G.
Nommé en 1878 préposé à l’abattoir de Limoges, il exerça ces fonctions pendant douze ans et les quitta en 1889 avec une modeste retraite. Il demanda au conseil municipal un secours qui lui fut refusé (il avait trois enfants et sa mère était âgée de quatre-vingt-douze ans) et dut reprendre son métier de porcelainier. Il mourut à Limoges le 11 décembre 1892.

Il est le père de Sabinus Valière qui fut député socialiste de la Haute-Vienne de 1914 à 1940 et adjoint au maire dans la municipalité socialiste présidée par Léon Betoulle.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136033, notice VALIÈRE James, version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 26 septembre 2020.

ŒUVRE : Rapport devant le Conseil municipal le 2 juin 1876 sur l’envoi d’une délégation d’ouvriers de Limoges à l’exposition universelle de Philadelphie le 4 juillet 1876. — Rapport du citoyen Valière délégué des porcelainiers de Limoges à l’exposition de Philadelphie, juillet 1876. — Rapport du citoyen Valière délégué des ouvriers porcelainiers de Limoges au Congrès de Paris 1876, Limoges 1878, brochure.

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : Compte rendu du IVe Congrès de la Fédération ouvrière de la Céramique tenu à Paris les 12 et 13 juin 1904. " L’Initiative ", chambre syndicale des porcelainiers de Limoges : Monographie par J. Tillet pp. 62-76. — " La Commune à Limoges " : articles de Louis Beaubiat parus dans Le Socialiste du Centre du 18 mars au 4 avril 1907. " L’Internationale à Limoges " : articles de Louis Beaubiat dans le Socialiste du Centre, numéros des 2 et 6 juin 1907. — P. Cousteix. Le Mouvement ouvrier Limousin de 1870 à 1939, L’Actualité de l’Histoire, n° double 20-21 décembre 1957. — Almanach Limousin pour l’année 1877. Partie historique pp. 47-49. Limoges, Ve Henri Ducourtieux, 1877.

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