BACICURINSCHI Liuba, épouse ZILBERMAN

Par Daniel Grason

Née le 2 avril 1910 à Tighina (Moldavie, Roumanie), morte en 1943 à Auschwitz (Pologne) ; militante de la sous-section juive du Parti communiste et de la Main d’Œuvre Immigrée (MOI) ; agent de liaison FTP-MOI ; résistante déportée.

Liuba Bacicurinschi.
Liuba Bacicurinschi.

Fille de Wolf et de Sofia, née Magaziner, célibataire, Liuba Bacicurinski demeurait dans un pavillon au 28, rue du Moulin à Vincennes (Seine, Val-de-Marne). Elle épousa Jancu Zilberman, FTP-MOI, le 18 mars 1943 il devait lancer une grenade sur des soldats Allemands gare de l’Est. Sa grenade artisanale lui explosa dans les mains, grièvement blessé, transporté par la police à l’hôpital, il y mourut trois jours plus tard.

Militante de l’organisation clandestine du Parti communiste, un dossier n° 64694 à son nom était au fichier Juif, elle était recherchée depuis le 28 septembre 1942 «  en raison de sa race et de sa nationalité ». Luiba Bacicurinschi était inconnue aux archives centrales de la police et aux sommiers et archives judiciaires.

Elle fut repérée pour la première fois le 25 mai 1943 vers 18 heures 30 au métro Richelieu-Drouot par des inspecteurs de la BS2 qui filaient une autre militante nommée par eux « La grande ».

Deux inspecteurs de la BS2 escaladèrent le 2 juillet vers 6 heures 15 du matin la façade du pavillon et rentrèrent par le premier étage. Elle détenait une fausse carte d’identité française au nom de Marie Marmoz, née Marie Negru, née le 2 janvier 1910 en Roumanie, de nationalité française, couturière, demeurant 6, rue de la Martinière à Chaville (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine).

Dans le secrétaire de la chambre à coucher les policiers saisissaient : une carte de viande du mois de juin de la mairie du XXe arrondissement, une carte de pommes de terre valable, deux récépissés de demande de carte d’étranger à son nom ; quatre cartes de textiles au nom de Amélie Pinson, Jeanne Cassiot, née Perrin, Ginette Bichon, les trois documents portaient le cachet de la mairie de Varenne-lès-Nevers (Nièvre), l’une au nom de Jean Pop, portait le cachet de la mairie du XIXe arrondissement de Paris. Enfin un tract de cinq feuilles intitulé « Le Parti Communiste français approuve la dissolution de l’Internationale Communiste ».

Une confrontation de Liuba Bacicurinschi avec son frère le docteur Aron Bacicurinschi eut lieu. Lors des interrogatoires, les détenus étaient frappés, certains torturés, les policiers affirmaient qu’ils connaissaient tout sur l’organisation des FTP-MOI.

Internée à Drancy sous le matricule 4623, Luiba Bacicurinski fut déportée par le convoi numéro 60 le 7 octobre 1943 à destination d’Auschwitz où elle mourut. Son nom figure sur le mur des noms au Mémorial de la Shoah rue Geoffroy-l’Asnier, à Paris (IVe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151668, notice BACICURINSCHI Liuba, épouse ZILBERMAN par Daniel Grason, version mise en ligne le 24 décembre 2017, dernière modification le 16 octobre 2021.

Par Daniel Grason

Liuba Bacicurinschi.
Liuba Bacicurinschi.

SOURCES : Arch. PPo. BA 2298, GB 130, PCF carton 14 rapports hebdomadaires de la préfecture de police sur l’activité communiste, GB 190 (photo). — David Diamant, Combattants, héros et martyrs de la Résistance, Éd. Renouveau, 1984. – David Diamant, Par-delà les barbelés, Éd. 1986. — Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. — Boris Holban, Testament. Après 45 ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle…, Calmann-Lévy, 1989. — Site Internet CDJC.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 190 cliché du 3 juillet 1943.

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