THOMAZO Noëlle, Françoise, née Pellegrin

Par Jacques Girault

Née 12 décembre 1908 à Nice (Alpes-Maritimes), morte le 16 mai 2002 à La Garde (Var) ; employée ; militante communiste dans le Var ; résistante ; adjointe au maire de Toulon (Var).

Son père, ajusteur (selon l’état civil), ouvrier charron (selon le témoignage de sa fille), mourut pendant la Première Guerre mondiale à Verdun. Sa mère travailla comme femme de chambre dans un hôtel. Noëlle Pellegrin, fille unique, reçut les premiers sacrements catholiques. Sa mère à la mobilisation de son mari vint habiter chez sa mère épouse d’un carrier. Noëlle Pellegrin, reconnue comme pupille de la Nation en 1921, fut élevée par sa grand-mère tandis que sa mère se remaria avec un marin employé sur une tartane à Saint-Tropez d’opinions socialistes.

Noëlle Pellegrin obtint le certificat d’études primaires et fréquenta pendant une année le cours supérieur à Cannes (Alpes-Maritimes). Blanchisseuse, elle se maria religieusement en février 1926 à Saint-Tropez avec Lucien Thomazo, ouvrier, militant communiste. Ils eurent un garçon. Elle tenait une petite épicerie qui cessa de fonctionner, en 1928, concurrencée par le groupement d’achats fondé par l’usine.

Noëlle Thomazo adhéra aux Jeunesses communistes en 1937. Elle milita dans le Comité des femmes contre la guerre d’Espagne et participa à l’accueil dans la commune de 50 réfugiés. Avec son mari, ils adoptèrent un petit Espagnol. Elle rejoignit le Parti communiste clandestin en 1940 (selon son témoignage) ou en 1941 (selon les archives du PCF). A Saint-Tropez, elle releva les compteurs à eau à la place de son mari interné. Elle participa aux activités militantes des femmes et figura parmi les premières adhérentes du Front national à la fin de 1942. Au début de 1943, elle quitta Saint-Tropez pour la région lyonnaise avec Fernande Codou, épouse du communiste Roger Codou. Elles participèrent à diverses activités clandestines dont la fabrication de faux papiers. Envoyée à Béziers (Hérault), elle fut arrêtée en mars 1943 puis fut incarcérée à Montpellier. A Saint-Tropez circula une pétition signée par près de 400 personnes qui permit sa mise en liberté surveillée pour lui permettre d’élever son fils. Elle revint alors à Saint-Tropez en janvier 1944 puis gagna la Haute-Vienne pour exercer la responsabilité de secrétaire départementale de l’Union des femmes françaises qui s’organisait. En décembre 1944, elle fut rappelée dans le Var pour des responsabilités analogues dans l’UFF. Elle devint membre de la conseil national de l’UFF jusqu’en 1952.

Noëlle Thomazo, membre du secrétariat de la fédération communiste du Var, d’abord responsable du travail en direction des femmes, présenta les rapports sur l’activité du Parti en direction des femmes (ainsi le 15 juin 1947). Elle fut partie pendant deux ans de la commission centrale des femmes auprès du comité central du PCF. Elle suivit l’école centrale du PCF pendant en mois à la fin de 1947 puis devint jusqu’en 1959, la responsable de l’organisation dans le secrétariat fédéral. Non élue au comité fédéral, elle retrouva le bureau fédéral en avril 1961 et en resta membre jusqu’en 1965. Elle fut à nouveau membre de comité fédéral à partir de 1966, responsable de la littérature. Elle ne fut pas réélue par la conférence fédérale de mars 1968.

Noëlle Thomazo, en troisième position sur la liste « d’union républicaine et résistante », devint conseillère municipale en octobre 1947, élue avec 17 929 voix et signes préférentiels. Elle fut réélue aux diverses élections municipales, (16 819 voix en mai 1949 et déléguée aux affaires sociales, réélue sur la liste « Union ouvrière et démocratique » en avril 1953 avec 15 674 voix sur 73 245 inscrits). Elle participa à la délégation communiste qui conclut un accord pour la gestion de Toulon avec la section socialiste SFIO, le 16 juillet 1954. Elle devint alors neuvième adjointe au maire (responsable des œuvres et lois d’assistance, de l’assistance aux vieillards, aux infirmes et invalides, de la caisse de chômage). Après le succès aux élections municipales, un nouveau protocole fut conclu le 16 juillet 1954. Elle devint alors neuvième adjointe au maire et conserva cette fonction après les élections du 22 mai 1955. Le 16 novembre 1956, les élus communistes refusant de voter un vœu condamnant l’intervention soviétique en Hongrie, se virent retirées leurs délégations par le maire socialiste SFIO. Ils refusèrent de démissionner des postes d’adjoints et le firent en novembre 1958 après le vote positif du Parti socialiste au référendum. Ayant repris après son divorce (1956) son nom de naissance, elle figura en 1959 sur la liste « d’Union de défense républicaine […] » qui obtint 15 374 voix sur 89 558 inscrits. Indiquée “employée“, elle était candidate sur la liste « d’Union républicaine et laïque […] » qui obtint en 1965,13 644 voix puis 15 907 voix sur 95 789 inscrits.

En liaison avec ses mandats municipaux, elle était à la fin des années 1950 administratrice de la Caisse d’allocations familiales.

Candidate en troisième position aux élections législatives sur la liste communiste en novembre 1936, en quatrième position en 1951 et en janvier 1956, Noëlle Thomazo fut présentée dans la deuxième circonscription (Hyères-Frejus) le 23 novembre 1958.

Candidate au Conseil général de 1945 à 1952 dans le canton de Saint-Tropez, le 20 mars 1949, elle obtint 621 voix sur 4 861 inscrits. Elle se présenta sur la liste communiste lors des élections au Conseil de la République en novembre 1948 (160 voix sur 701 votants) et en juin 1958 (97 voix sur 699 votants) où elle se retira à l’issue du premier tour.

Indiquée comme « ménagère » dans les diverses élections, à partir de 1962, elle fut la responsable de la librairie de la Renaissance, propriété du PCF. Elle prit sa retraite en 1972.

Elle se remaria en décembre 1967 à La Valette (Var) avec le journaliste au quotidien communiste Le Petit Varois-La Marseillaise, André Mériadec et habita à La Valette.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178902, notice THOMAZO Noëlle, Françoise, née Pellegrin par Jacques Girault, version mise en ligne le 2 mars 2016, dernière modification le 11 mai 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, archives non classées dans les années 1970. — Arch. Mun. Toulon. — Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressée. — Presse locale. — Sources orales. — Fabien Bénézech, Les communistes varois et l’entrée dans la guerre d’indépendance algérienne. De la Toussaint Rouge aux massacres de Philippeville : conflit ignoré ou conflit éclipsé ? , Master 2, Université de Rennes 2013

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