COLOMB Marcel, Joseph [pseudonyme dans la résistance : Marcellin]

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Eric Panthou

Né le 12 janvier 1901 à Siaugues-Saint-Romain [devenu Siaugues-Sainte-Marie] (Haute-Loire), mort en action le 16 août 1944 à Lyon (Rhône) ; ouvrier coutelier à Thiers (Puy-de-Dôme) ; militant communiste et syndicaliste ; conseiller prud’homal, résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Marcel Colomb
Marcel Colomb
Portrait de Marcel Colomb

Né à Siaugues-Saint-Romains, Marcel Colomb (parfois orthographié Collomb) et sa famille partirent bientôt au Puy-en-Velay (Haute-Loire où son père exerça la profession de tailleur d’habits. Titulaire d’un Certificat d’études supérieurs, trop jeune pour partir à la guerre, Marcel fit ses 25 mois de service militaire au 36e Régiment d’Infanterie puis dans l’infanterie coloniale à Toulon (Var).
Peu après son retour du service militaire, il partit travailler à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), puis rejoignit Thiers au début des années trente. Là, il se maria avec Francisca Barlan, s’installant comme coutelier façonneur de manches et habitant au cœur de la cité coutelière. Son épouse adhéra elle aussi au PCF.
Très jeune, il s’inscrit au syndicat à Clermont-Ferrand puis à Thiers où il devient rapidement un militant très actif. Dans une période marquée par un fort chômage dans la coutellerie, Marcel Colomb se distingue par son activité, en particulier au moment des grèves de 1936. La coutellerie connaît à l’automne une grève d’un mois de plusieurs milliers d’ouvriers, en ateliers ou à domiciles, qui se conclut par une défaite.
Dès 1934, il fut élu prud’homale dans le collège ouvrier et il devint un élu respecté. Il fut aussi secrétaire juridique de l’Union locale CGT.
Il adhéra au Parti communiste (PCF) à une date qu’on ignore. Le PCF soutenu fortement la candidature du socialiste Antonin Chastel élu en 1935 à la mairie de Thiers. Marcel Colomb Il a ainsi bientôt contribué à la mise en place de cours professionnels pour les ouvriers au sein de la municipalité.
Le Parti communiste le présenta au conseil d’arrondissement dans le canton de Thiers, en octobre 1937.
Quand survient la déclaration de guerre, il est mobilisé et rejoignit le 8e régiment d’infanterie coloniale à l’âge de 39 ans. Le 29 octobre 1939, il fut renvoyé dans ses foyers avant d’être affecté à la Compagnie de passage à Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme), le 10 février 1940, avant d’être affecté à la 2e Compagnie Spéciale des Travailleurs aux Armées. Il fut démobilisé à Grenoble le 11 septembre 1940 et revint sur Thiers.
Dès son retour, il reprit contact avec le Parti, et fut bientôt désigné responsable clandestin du Parti communiste et des syndicats, à Thiers, pendant l’Occupation. Sous le nom de guerre de " Marcellin ", il prendra part à des actions des groupes de Francs tireurs et partisans français. En mai 1943, il devint membre du triangle de direction du Parti communiste dans la Loire, chargé de la propagande, avec Hubert Mugnier (politique) et Marcel Barbet responsable aux masses. Il entra dans la clandestinité, effectuant des tâches de confiances pour le PC à Saint-Étienne (Loire). Il fut ensuite envoyé sur Lyon en mai 1944, une des régions les plus surveillées par la police et la Gestapo. Il militait ici avec un militant expérimenté, Fernand Chatel, qui exploitait deux importantes champignonnières servant de dépôts d’armes.
Le 16 avril 1944, Marcel Colomb se rendit vers l’un de ces dépôts avec son camarade Lucien Barthélémy, en préparation des combats pour la Libération, une grève générale étant annoncée à Lyon. Selon des témoins, cette planque aurait été dénoncée par un concurrent de Fernand Chatel et c’est là que Marcel Colomb et son camarade se sont trouvés face à une section de l’armée allemande. Ils s’enfuirent. Barthélémy fut rattrapé le premier et abattu à la hauteur de la “Montée de l’Observatoire. Marcellin avait réussi à dévaler la “Montée de la carrière” mais il fut abattu à son tour, 200 mètres plus bas, atteint par des balles dans le dos, à hauteur du n° 20 de la rue du Chapeau-Rouge à Lyon (Ve arr.).
Sa femme fut informée environ un mois après, à la Libération et vint identifier son corps qui fut rapatrié le 10 décembre 1944 dans le cadre d’une importance cérémonie d’hommage convoquée par le maire Antonin Chastel. Une foule de plusieurs milliers de personnes fut présente.
Il a été déclaré "Mort pour la France". Une plaque rappelle son souvenir dans le IXe arrondissement de cette ville et une place à son nom existe à Thiers. Son nom figure également sur le monument aux Morts de la commune. Une cellule de la ville de Thiers prit également le nom de cellule Marcel Colomb au lendemain de la Libération et chaque année, le Parti commérerait sa mémoire chaque 19 août.

En 2014 sous l’égide de la Municipalité de Thiers, une plaque retraçant le parcourt de Marcel Colomb a été déposée dans le hall de la bourse du travail - rue des docteurs Dumas. Depuis cette année date, c’est officiellement que la municipalité Thiernoise, dans le cadre de la journée de la commémoration de la libération du 25 août 1944, rend un hommage à Marcel Colomb.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20404, notice COLOMB Marcel, Joseph [pseudonyme dans la résistance : Marcellin] par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Eric Panthou, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2020.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Eric Panthou

Marcel Colomb
Marcel Colomb
Portrait de Marcel Colomb

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 496 : liste des fusillés, des massacrés dans la région du Puy-de-Dôme, 1er mars 1945 .— AVCC, dossier des militaires décédés pendant la Seconde guerre mondiale : AC 21 P 47576 (non consulté) .— SHD Vincennes, Titres, homologations et services pour faits de résistance : GR 16 P 138254 (non consulté) .— La Voix du Peuple, 18 septembre 1937. — Stéphane Courtois, La Politique du PCF, et ses aspects syndicaux, 1939-1944, thèse 3e cycle, Nanterre, 1978. — René Gentgen, La Résistance civile dans la Loire, Éd. lyonnaises d’art et d’histoire, 1996. — Yvan Guilhot, “Une plaque en hommage à Marcel Colomb inaugurée hier”, La Montagne, édition Thiers, 19 octobre 2014.— “Militant ouvrier, patriote, résistant, Mort pour la France. Marcel Colomb”, Bulletin du cercle, 2e guerre mondiale, cercle d’études région Thiers, n°6, septembre-octobre 2001 .— Discours d’hommage à Marcel COLOMB, fait par Guy Paillet, au nom de l’Union locale CGT de Thiers, le 25 août 2017 .— "Il y aura un an Marcel Colomb tombait", La Voix du Peuple, 11 août 1945. — Mémorial-genweb.— État civil de Thiers.

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