Marcolès (Cantal), L’Enseigne, 1er février 1944

Par Eric Panthou

Le 1er février 1944, un groupe de 18 jeunes réfractaires du STO du maquis de l’Enseigne, commune de Marcolès (Cantal), sont surpris par les troupes allemandes après avoir été dénoncés. 4 d’entre eux sont tués au combat tandis que deux autres sont exécutés sommairement, les corps étant ensuite brûlés dans les baraquements dans lesquels ils s’abritaient.

Tombe collective dans laquelle les corps des 6 victimes ont été enterrés, à la demande des familles.

Fuyant le STO, une quinzaine de jeunes rejoignirent six baraquements construits en 1942 par les chantiers de jeunesse et qui ne servaient plus depuis 1943, à l’Enseigne, lieu-dit de la commune de Marcolès (Cantal).
Ils bénéficient de l’aide de tous les paysans des fermes environnantes.
Le maquis fut repéré par deux Français qui travaillaient comme bûcherons dans les bois voisins. Dans un bar d’Aurillac, les bûcherons font la connaissance d’une femme surveillée par les maquisards d’Aurillac, de quelques Allemands et d’un milicien. Le 27 janvier 1944, la femme et le milicien, viennent au camp par le car, pour s’assurer de la présence des maquisards et de la disposition des lieux. Le 1er février 1944, au petit matin, une cinquantaine d’Allemands les attaquent.

Sur 18 jeunes, 4 sont tués, 2 faits prisonniers, dont un jeune réfractaire qui travaillait dans une ferme voisine : Maurice Duval, les jumeaux Lewitanski (Lazare et Salomon), Théophile Weil, René Dubois et Robert Reboul. Plusieurs maquisards réussirent à s’enfuir dans les bois et à atteindre Estieu.

Les morts ont été brûlés ensemble, dans une cabane : « 6 morts étaient là, en partie calcinés, et pour lesquels les Allemands avaient interdit d’intervenir. La nuit les animaux venaient les manger. Lucien Cassagne, chef de la résistance à Marcolès et fossoyeur, s’occupa de mettre les restes des six corps dans 2 bières, aidé par M.Théron.

Une enquête fut menée pour déterminer si les hommes tués l’avaient été au combat et leur corps ensuite brulés, ou s’ils avaient été blessés au combat puis exécutés sommairement avant que leur corps soit brûlé. Dans le second cas, leur mort relevait des crimes de guerre. L’enquête de gendarmerie pencha pour la première hypothèse, mais sans certitude. Il semble bien que deux des jeunes aient été exécutés sommairement, sans qu’on sache lesquels.

Les six maquis reposent ensemble, dans une même tombe, dans le petit cimetière de Marcolès. En 1947, une stèle a été mise en place.

Le Monument commémoratif du Maquis de L’Enseigne à Marcolès a été érigé et donne lieu à une cérémonie chaque année.
Un livre paru en 2010 et écrit par Yvette Souquières, raconte ces événements.

Liste des victimes

René Dubois
Maurice Dudal
Lazare Lewitansky
Salomon Lewitansky
Robert Reboul
Théophile Weil.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217778, notice Marcolès (Cantal), L'Enseigne, 1er février 1944 par Eric Panthou, version mise en ligne le 4 juillet 2019, dernière modification le 6 avril 2021.

Par Eric Panthou

Tombe collective dans laquelle les corps des 6 victimes ont été enterrés, à la demande des familles.
Monument commémoratif du Maquis de L’Enseigne à Marcolès

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 523 : crimes de guerre à Marcolès .— http://www.anacr-objat.fr/lenseigne-cantal-1er-fevrier-1944/ .— https://www.midilibre.fr/2017/08/30/servian-robert-charles-reboul-a-ete-celebre,1553799.php .— https://www.midilibre.fr/amp/2011/08/18/hommage-a-robert-charles-reboul-martyr-de-la-resistance,373436.php .— "Marcolès commémore le décès de six maquisards en 1944", La Montagne, édition cantal, 29 janvier 2011 .— Yvette Souquières, L’Enseigne 1944, éditions Mairie de Marcolès. Octobre 2010 .— Mémorialgenweb .— état civil Marcolès.

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