DILIGENT Raphaël [Charles Louis Diligent dit Raphaël (ou Rapha) Diligent]

Par Rachel Mazuy

Né le 18 mai 1884 à Flize (Ardennes), mort le 11 juillet 1964 à Paris ; sculpteur, peintre, illustrateur et à l’occasion acteur.

Élève de Rodin et de Pompon (il est notamment l’auteur d’un buste de Camille Claudel), il a aussi été acteur, pour Jean Vigo dans Zéro de Conduite (1933) et L’Atalante (1934).

Il commença à exposer au Salon des indépendants à partir de 1912. Membre du comité de la société des artistes indépendants dès 1923, il prit après la guerre une vice-présidence (délégué à la presse en 1951). En 1913, il exposa à la ghilde “Les Forgerons”. Diligent était considéré comme appartenant à la mouvance “libertaire” et internationaliste quand il fut enrôlé dans la guerre. En 1915, il sortit de sa tranchée pour secourir un blessé allemand dans le No Man’s land. S’il fut cité à l’ordre du régiment pour “cet acte de bravoure”, pour lui, il avait juste sauvé un homme. Plusieurs fois blessé, il fut en traitement à Issy-les-Moulineaux selon Les Hommes du jour (25 septembre), le journal libertaire auquel il collabora. Il dessina durant cette période pour Le Petit journal, du Parti social français en 1916, et il utilisa ses dessins ramenés de la guerre pour illustrer l’ouvrage de Léo Larguier (1878-195), Les Heures déchirées, Notes du front, paru en 1918.

Sa compagne l’écrivaine socialiste Fanny Clar (1875-1944) est peut-être encore plus connue que lui, même s’ils participèrent ensemble à de nombreuses manifestations esthétiques et politiques. En 1922, ils furent partie, de la liste des soutiens pour la réhabilitation de Miguel Almereyda. Il illustra plusieurs de ses ouvrages (Les Mains enchantées, Éditions de l’écureuil, 1924, avec Jean Clar ; Dix-sept et un, Éditions de l’écureuil, 1938). Comme Fanny Clar, il était rédacteur au Populaire, et collaborait également à Floréal au début des années vingt, ainsi qu’à la Rose rouge (à partir de 1925), dont Fanny Clar est secrétaire générale. Il a aussi participé (sans elle) au premier numéro de l’Almanach de L’Humanité, paru en janvier 1920. On trouve parfois son nom comme auteur de textes dans la presse (ils sont toujours illustrés).

Installé avec Fanny Clar à Orgerus (Yvelines) au milieu des années trente, il en fut un des conseillers municipaux entre 1935 et 1946. Il se rendit aussi souvent à Nevers car il y avait des attaches, ce qui l’amenaient à illustrer le livre d’auteurs nivernais comme J. H. Gromolard en 1938 (Des vertes et des pas mûres).

Est-ce à travers le groupe des artistes du travail, dans lequel Raphaël Diligent est très engagé comme sa compagne, qu’il rencontre André Claudot ? Ou se connaissent-ils avant ? Les deux hommes exposent tous les deux chez Katia Granoff (février-mars et octobre 1932), puis durant le congrès de la CGT (septembre 1933), ainsi qu’en 1937, pour l’exposition vente en faveur des orphelins de la colonie espagnole de Llançà Catalunya (ou Llansa). Diligent exposa également au salon de l’Essor à Dijon en 1934.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article230961, notice DILIGENT Raphaël [Charles Louis Diligent dit Raphaël (ou Rapha) Diligent] par Rachel Mazuy, version mise en ligne le 6 août 2020, dernière modification le 26 juillet 2021.

Par Rachel Mazuy

SOURCES : Paris-Midi, 23 mars 1912. — La Revue des Beaux-arts, 1er mars 1923. — Paul Desange, “Chronique d’une communauté militante. Les Forgerons 1911-1920”, Le Mouvement social, 4 juin 1975, p. 35-48. — Paul Gsell, “Guerre à la guerre”, L’Excelsior, 4 juin 1918. — Le Populaire, 30 juin 1918, 17 avril 1924. — Les Hommes du jour, 21 août 1915. — Le Petit journal, 6 janvier 1916. Texte de Georges le Hir, “Les tranchées du Luxembourg”. — Le Bonnet rouge 18 octobre 1922. — Le Populaire, 6 avril 1921 et du 18 janvier 1920. — L’Humanité, 14 janvier 1920. — Les Annales politiques et littéraires, 12 mars 1922, p. 273 (nécrologie d’Henry Bataille). — Quarteron d’histoires rêches cueillies en Nivernais, Fortin. — Le Libertaire, 8 juillet 1937 (renseignement donné par Anne Mathieu).

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