LE CHAPELAIN Charles, Pierre

Par Justinien Raymond, Jean Maitron, Claude Pennetier et Jean-Jacques Doré

Né le 5 janvier 1880 au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; charpentier en navires au Havre ; militant socialiste et syndicaliste de Seine-Inférieure ; conseiller général.

Fils d’un marin, Charles Le Chapelain commença à travailler à l’âge de treize ans et milita très jeune dans les rangs du Parti socialiste et de la CGT. Sa signature apparut dans le Progrès du Havre et Vérités, organe de l’Union locale du Havre.

La Fédération socialiste de Seine-Inférieure le présenta aux élections législatives de 1910 dans la deuxième circonscription du Havre (678 voix) et dans la première en 1914 (2 775 voix). Il avait été élu conseiller municipal socialiste en 1912. Le Chapelain représenta son département au congrès national de Brest en 1913.

Secrétaire de la section syndicale des Charpentiers en navires rattachée au syndicat général des Métaux du Havre dirigé par Gustave Chauvin, à partir de 1911, une polémique l’opposa à ce dernier (relayée par la presse locale) avec en toile de fond la question de l’indépendance syndicale. Dans l’un de ses articles, il écrivait "...les militants dévoués et prévoyants doivent cesser d’opposer le syndicalisme au socialisme... l’incursion de Chauvin sur le terrain de la politique ne m’est pas désagréable. C’est la preuve que les adversaires de l’action politique sont, tôt ou tard, pour une raison ou pour une autre, obligés de s’y intéresser". Bon prince, Chauvin jugea ainsi son contradicteur : "...Le citoyen Le Chapelain a tout pour devenir un grand homme".

Délégué des Charpentiers en navires au congrès constitutif de l’Union départementale de Seine-Inférieure tenu au Havre le dimanche 19 octobre 1913, il fut l’un des principaux intervenants, tout l’intéressait : à Joseph Chauvière, par exemple, qui contestait la présence des Marchands des quatre-saisons "qui ne sont pas des salariés"", il répondit, "ce sont des travailleurs comme les autres, ils doivent être libres de se fédérer avec nous".

Mobilisé en 1914, il rentra du front fin 1915 et travailla au Havre comme affecté spécial dans une usine d’armement. Membre du bureau du syndicat des Métaux en 1916, il fut élu trésorier de l’Union locale en juillet 1917 et délégué à la conférence de la CGT tenue à Clermont-Ferrand les 23-25 décembre 1917.

Au début de l’année 1918, Le Chapelain tenta, sans succès, de s’opposer à l’adhésion de son organisation au Comité de défense du syndicalisme (CDS) de Raymond Péricat. Mis en minorité, il créa une organisation concurrente qui fut condamnée par l’Union locale. Le Chapelain cessa alors de militer à la CGT.

Candidat sur la liste socialiste départementale aux élections législatives du 16 novembre 1919, il recueillit 41 449 voix. Il conserva son mandat de conseiller municipal et fut élu conseiller général du 4e canton du Havre avec 2 677 suffrages en décembre, mais donna sa démission en 1920 pour raison de santé.
En 1921 Charles Le Chapelain, dont les qualités n’avaient pas échappées à ses employeurs, fut nommé contremaître aux ateliers de Graville (à côté du Havre) des Forges et Chantiers de la Méditerranée. Devenu cadre puis directeur, il effectuait de fréquents séjours à Bonn (Allemagne) pour le compte de sa société.

Il s’était marié au Havre le 24 décembre 1904 avec Eugénie Le Bellec.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article116824, notice LE CHAPELAIN Charles, Pierre par Justinien Raymond, Jean Maitron, Claude Pennetier et Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 7 août 2020, dernière modification le 7 août 2020.

Par Justinien Raymond, Jean Maitron, Claude Pennetier et Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Inférieure, 10 RP 77 Réunions syndicales 1918-1919, 2 Z 182, 4 MP 4668, 2 Z 153 — Compte rendu du congrès de Brest. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, II, op. cit., pp. 614-615. — "Le Réveil ouvrier" passim. — État civil du Havre.

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