LION Suzanne

En octobre 1916, Suzanne Lion fut élue secrétaire du syndicat de l’Aiguille à Rouen (Seine-Inférieure) à sa création, dans le cadre d’un conflit survenu à la Chemiserie Sottevillaise. Ce syndicat s’affilia immédiatement à la Bourse du Travail de Rouen, et à l’Union départementale de Seine-Inférieure. De fait, elle se retrouva à la tête des grèves de juin 1917 à Rouen et dans sa région, avec Edmond Dubois de l’Union départementale et Martin* de la Bourse du travail de Rouen, en relation avec Eugène Tilloy, le conseiller-général-maire socialiste de Sotteville-lès-Rouen. Surgissant en pleine guerre, ce gigantesque mouvement de grève pour les salaires et la semaine anglaise, atteint les 22000 grévistes dans la confection, la chaussure, la filature, le tissage, la teinturerie et quelques usines métallurgiques et chimiques. Ce conflit fut marqué par de nombreuses manifestations de rues, tant à Rouen que dans sa grande banlieue (Darnetal, Montville, Barentin), ainsi que par la création de nombreux syndicats. Pourtant, dans une conférence donnée au Havre à l’automne 1917, pour aider à la création d’un syndicat local de l’aiguille, elle déclara n’être pas favorable aux grèves.

Suzanne Lion fut élue secrétaire adjointe de l’Union départementale lors du congrès tenu au Havre le 8 décembre 1918. Le 24 décembre, participant au Comité national de la fédération de l’habillement elle fut chargée de la propagande fédérale dans l’Ouest et le Centre. Le 5 février 1922, elle devint membre suppléante à la commission exécutive de l’Union des syndicats ouvriers confédérés de la Seine lors du congrès de reconstitution (voir Gaston Guiraud). Au XIIIe congrès fédéral de la CGT (Paris, les 28-29 janvier 1923), elle présenta un rapport sur l’apprentissage qui fut approuvé, après discussion, à l’unanimité, et entra à la commission exécutive de l’Union CGT de la Seine, où elle fut réélue en mars 1925. Vraisemblablement secrétaire du syndicat des couturières et tailleurs pour dames dès 1923, elle rendit compte, dans les colonnes de l’Ouvrière de l’Habillement, de la grève des " midinettes " qui dura plusieurs semaines en 1923 et mobilisa jusqu’à quinze mille d’entre elles, les syndicats chrétiens participant au mouvement.

S’agit-il de la même Suzanne Lion, que l’on retrouve en même temps qu’une Madeleine Lion*, à souscrire pour les grévistes du Nord dans une liste de l’Union des syndicats de la Région parisienne publiée dans le Populaire du 7 septembre 1930, ?

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article118639, notice LION Suzanne, version mise en ligne le 16 janvier 2021, dernière modification le 16 janvier 2021.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13618 et F7/13619. — Le Travailleur parisien, n° 1, juin 1922. — L’Ouvrière de l’Habillement, août-septembre 1923. — Arch. Dép de Seine-Maritime, cote 10M350, 351 et 352. — Le Petit-Parisien, 13 août 1917. — Le Populaire, 19 avril 1923, 7 septembre 1930. — Le Travailleur parisien, juin 1922Le Fil rouge, N°63, IHS-CGT-76, Gilles Pichavant, "1917, la grande grèves des "midinettes" en région rouennaise". — Notes de Gilles Pichavant

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