ANCELIN Marcel

Par Daniel Grason

Né le 29 mai 1923 à Paris Xe arr. (Seine), mort le 16 mars 2003 à Augignac (Dordogne) ; aide mouleur, monteur électricien ; communiste ; déporté.

Fils d’Adrien, plombier et de Jeanne, née Pagnat, brodeuse, Marcel Ancelin alla à l’école primaire, il apprit à lire et à écrire. Il demeurait chez ses parents 23 allée de la Concorde à Bondy (Seine, Seine-Saint-Denis). De la classe 1923, il se présenta au 12e Régiment de Cuirassiers à Orange (Vaucluse) pour s’engager, reconnut inapte, il fut réformé à titre temporaire.
Embauché comme aide mouleur aux Fonderies des Radiateurs à Aulnay-sous-Bois (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis), il commença le lundi 11 août 1941. Il se rendit le mercredi 13 août 1941 à une manifestation organisée par les Jeunesses communistes de la région Paris-Est à proximité du métro Havre-Caumartin pour protester contre la présence des troupes allemandes. Arrivé au lieu de rendez-vous vers 19 heures, il fut aussitôt interpellé par des inspecteurs et emmené pour interrogatoire dans les locaux des brigades spéciales à la préfecture de police de Paris.
La perquisition du domicile de Marcel Ancelin fut infructueuse, ce qui lui permit d’affirmer qu’il n’était ni membre du parti communiste ni des jeunesses communistes, mais sympathisant. En fait, selon des témoignages ultérieurs, il adhéra en 1940. Le dimanche 10 août 1941 alors qu’il consommait dans un café tabac route de Rosny, un camarade qu’il connaissait de vue l’informa d’une manifestation au métro Havre-Caumartin. Il ne connaissait pas son nom, ignorait son adresse et l’entreprise où il travaillait.
Les policiers arrêtèrent dix-sept jeunes dont une jeune fille, Odette Lecland, future Odette Nilès ; ils adressèrent la procédure et les scellés au conseiller Karl Boemelburg commandant SS-Sturmbannführer qui dirigeait la SIPO et la Gestapo sur le territoire français. Marcel Ancelin fut incarcéré au Cherche-Midi, Paris VIe arr., prison administrée par les allemands. Le 23 août 1941 il comparaissait devant une cour martiale allemande, siégeant rue Saint-Dominique, Paris VIIe arr. Marcel Ancelin fut condamné aux travaux forcés à perpétuité pour " avoir favorisé l’ennemi " ainsi que Émile Grout, Daniel Chandon et Rémy Toutin ; Désiré Bertieau fut lui aussi condamné aux travaux forcés à perpétuité, mais par défaut car il était parvenu à s’enfuir le 14 août alors qu’il était détenu au Dépôt. Émile Grout mourut le 27 octobre 1941 à la prison de Rheinbach (Allemagne).
Il y eut trois condamnations à mort, Raymond Justice, Jean-Louis Rapinat et André Sigonney, qui furent fusillés le 26 août 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine).
Les neuf autres jeunes qui avaient été arrêtés furent acquittés, mais internés administrativement. Parmi ces derniers Simon Bronsztein fut fusillé le 23 avril 1942 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) comme otage et le FTP François Marais fut fusillé le 6 octobre 1943 au Mont-Valérien.
Début septembre 1941 un train quitta la gare de l’Est à destination de l’Allemagne, Marcel Ancelin fut incarcéré successivement dans les prisons de Karlsruhe, Rheinbach, Sieburg, Düsseldorf et au camp disciplinaire de Rollwald situé au sud de Francfort-sur-le-Main. Les troupes américaines libérèrent les détenus le 19 avril 1945.
Marcel Ancelin déposa plainte le 14 juin 1945, il déclara que « dans les locaux des Brigades spéciales », il fut « frappé à coups de nerf de bœuf et à coups de poings par plusieurs inspecteurs ». Il en reconnut un. Marcel Ancelin a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté interné résistant (DIR).
Il épousa le 27 octobre 1945 Marcelle Vannercchi à Bondy, le couple eut deux enfants, habita 2 avenue de la République, puis 11 allée des Glaïeuls. En 1951, il travaillait comme monteur électricien à la Société parisienne pour l’industrie électrique, à Paris (IXe arr.). En 1961, il fut candidat à la Médaille militaire.
Il mourut le 16 mars 2003.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140137, notice ANCELIN Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 2 avril 2012, dernière modification le 29 mai 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KB 64, 77W 1729. — SHD Vincennes GR 16 P 12008. — Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. — Vincent Duguet, Des Bondynois dans la Résistance, s. date. — Site Internet GenWeb. — État civil, Paris Xe arr.

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