BRIOLLET Adrien, Jules [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hélène Rannou, complétée par Rolf Dupuy

Né le 9 janvier 1880 à Vitry-le-François (Marne), mort en octobre 1943 à Paris (?) ; directeur régional d’assurances, puis journaliste ; syndicaliste et anarchiste, puis réformiste.

Fils de Jules, César Briollet, sculpteur, et de Jeanne Pestra, sans profession, Adrien Briollet exerça le métier de directeur régional d’assurance au Havre. Lecteur du Libertaire et de L’Anarchie, il était un des animateurs du Groupe libertaire du Havre qui, chaque lundi, organisait des Causeries populaires à la bourse du travail au 9, rue Jean-Bart.
En août 1908, il fut à ce titre correspondant de l’éphémère Fédération anarchiste de Seine et de Seine-et-Oise (voir Marceau Rimbault).
En 1909, il était un des responsables de la bourse du travail et, le 21 novembre, il fut élu secrétaire permanent de l’Union des syndicats du Havre (USH), Carpentier étant secrétaire adjoint, Michel, trésorier, et Labay, trésorier adjoint. Là, Briollet contribua au développement des œuvres de l’USH. Une imprimerie fut fondée et, en avril 1910, il entra au conseil d’administration de la coopérative de consommation créée sous les auspices de l’USH. Fin 1910, Camille Geeroms* lui succéda comme secrétaire de l’USH.
Avec Geeroms et Paul Meunier, il fut au premier rang de la défense de Jules Durand*. Avec le socialiste Genet, il écrivit même une pièce de théâtre sur ce sujet.
Adrien Briollet n’abandonnait cependant pas son action anarchiste et, en 1911, il tenait les permanences pour le groupe communiste-anarchiste du Havre à la Maison du peuple.
En septembre 1912, il ouvrit le congrès confédéral de la CGT, tenu au Havre, par ces mots : « La CGT dirige son action pour abattre la société capitaliste et pour élever la classe ouvrière à son véritable rang. Donc, vive la CGT ».
Inscrit au Carnet B, Adrien Briollet participa activement à la propagande antimilitariste contre la loi des trois ans en 1913 en distribuant les brochures de la Fédération communiste anarchiste Contre les armements, contre la loi de trois ans, contre tout militarisme. Son domicile fut perquisitionné le 27 mai.
En juillet 1914, alors que la guerre menaçait d’éclater, il quitta Le Havre pour échapper à une arrestation, et se réfugia à Paris.
Quelque temps plus tard, il collaborait au quotidien patriote de gauche Le Bonnet rouge, de Miguel Almereyda*. S’ouvrit alors pour lui une carrière de journaliste qu’il poursuivit en tant que chroniqueur social au Matin et à L’

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156512, notice BRIOLLET Adrien, Jules [Dictionnaire des anarchistes] par Hélène Rannou, complétée par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 25 février 2014, dernière modification le 25 février 2014.

Par Hélène Rannou, complétée par Rolf Dupuy

ŒUVRE. Il écrivit également pour Le Peuple, organe confédéral de la CGT, et dans Le Combat social. Pendant 23 ans, il se donna corps et âme à sa profession où ses pairs le surnommaient Dino.
En mars 1918, il fut un des fondateurs du Syndicat national des journalistes (SNJ), dont il resta un des responsables durant tout l’Entre-deux-guerres. Il s’occupait de la bibliothèque et des archives, présidait de la caisse mutuelle, et, après 1935, fut vice-président de la commission de la carte d’identité professionnelle. Il était également secrétaire du Syndicat des journalistes du mouvement social.
Pacifiste, il soutint les accords de Munich en septembre 1938.
Il s’était marié le 14 avril 1903 au Havre avec Alice, Berthe Laplanche, et s’était remarié le 19 novembre 1930 à Paris 17e. Après sa mort, il fut incinéré au Père-Lachaise.

SOURCES : État civil de Vitry-le-François — Arch. Dép. Seine-Maritime, 2Z 48. — Arch. Municipales du Havre, 4MI769 — Vérités du 1er décembre 1909 et du 10 avril 1910. — La Voix du Peuple du 26 septembre et du 4 décembre 1909 — René Bianco, « Un siècle de presse… », op. cit. — Groupe Jules-Durand, Histoire méconnue et oubliée du syndicalisme havrais 1907-1939, Éditions du libertaire, 1996 — Groupe Jules-Durand, Cent vingt ans d’anarchisme au Havre, de la pierre humide à Internet, Le Havre, Éditions du libertaire, 2000 — Dossiers biographiques Boutillier du Retail.

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