DELISSUS Marie, Louis, Georges

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 25 septembre 1899 à Waly (Meuse), mort le 29 août 1944 à Sermaize-les-Bains (Marne) ; monteur ; victime civile.

Marie Louis Delissus était le fils de Victor Émile Delissus, cordonnier, et de Marie Clémentine Phélis, sans profession. Il avait épousé Isabelle Terzian et le couple était domicilié à Chaville (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine). Marie Louis Delissus exerçait la profession de monteur.

Le 29 août 1944, alors que ses habitants attendaient la libération qu’ils sentaient toute proche, la ville de Sermaize-les-Bains dans la Marne connut des heures tragiques. Vers midi trente, des soldats allemands investirent la ville, tirant sur les passants et lançant des plaquettes incendiaires qui mirent le feu à une quarantaine de maisons.

Onze civils ont été abattus ou brûlés vifs dans leurs maisons : Marie Louis Delissus, abattu par un tir de mitraillette dans la rue, Roger Chollet, Henri Fritsch, Georges Lambert, Antoinette Loisier, Pierre Mansion, Louise Paul née Cormann, Albert Petit et son épouse Marie Petit née Tixier, Paul Schaff et son épouse Paulette Schaff née Page.
À ces onze victimes, il faut ajouter Marie Loisier née Denis et André Froment qui sont morts des suites de leurs blessures, et dont les noms ont été ajoutés à la liste des victimes civiles du 29 août 1944.

L’acte de décès numéro 27 dressé le 1er septembre 1944 à l’état-civil de Sermaize-les-Bains déclare Marie Louis Delissus « Victime civile », décédé le 29 août 1944 à treize heures trente minutes rue de Vitry.

On a longtemps cru que ce massacre avait été perpétré par des SS. L’historien Jean-Pierre Harbulot a établi qu’il s’agissait de soldats ordinaires appartenant au 29e Régiment de Panzergrenadier, une « unité conventionnelle de l’armée régulière », autrement dit de « soldats ordinaires » de la Wehrmacht. Ce régiment faisait partie de la 3e Division de Panzergrenadier qui, après avoir combattu sur le front de l’Est en Russie, puis en Italie dans la région de Florence, a été ramené en Allemagne, rééquipé et renforcé, puis envoyé en France pour protéger la retraite de la Wehrmacht et ralentir l’avancée des la IIIe Armée américaine du général Patton.
Du 29 au 31 août 1944, des unités appartenant à ce régiment se sont livrées à des exactions à Sermaize-les-Bains et dans les villages meusiens de la vallée de la Saulx, Robert-Espagne, Couvonges, Beurey-sur-Saulx et Mognéville : exécutions sommaires, massacres de civils, maisons incendiées.

Marie Louis Delissus a été reconnu « Mort pour la France » en 1946.

Dans la Marne, le nom de Marie Louis Delissus est inscrit sur la liste des « Victimes civiles » de la 2e guerre mondiale du monument aux morts de Sermaize-les-Bains.
Dans les Hauts-de-Seine, il figure sur le monument aux morts de Chaville.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226781, notice DELISSUS Marie, Louis, Georges par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 29 avril 2020, dernière modification le 7 mai 2020.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Sur le monuments aux morts</br>de Sermaize-les-Bains
Sur le monuments aux morts
de Sermaize-les-Bains
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : Arch Dép. Marne, M 4774, Membres de la résistance tués au combat ou fusillés après capture, fusillés ou exécutés par les Allemands, autres victimes. – Jean-Pierre Harbulot, " Les massacres du 29 août 1944 dans la vallée de la Saulx et leurs suites judiciaires ", Meuse en guerres, Bar-le-Duc, Société des lettres, sciences et arts, 2010. – Mémorial Genweb. – État civil, Waly (acte de naissance) ; Sermaize-les-Bains (acte de décès).

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