FROMENT André, Homère

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 21 février 1905 à Sermaize-les-Bains (Marne), mort le 18 août 1945 à Sermaize-les-Bains ; cultivateur ; victime civile.

André Froment était le fils d’Henri Homère Froment et de Joséphine Marie Hecquet, époux décédés. Il avait épousé Marie Jeanne Blanche Aubriot. Le couple était domicilié à Sermaize-les-Bains (Marne) où André Froment exerçait la profession de cultivateur.

Le 29 août 1944, alors que ses habitants attendaient la libération qu’ils sentaient toute proche, la ville de Sermaize-les-Bains connut des heures tragiques.
Vers midi trente, des soldats allemands investirent la ville, tirant sur les passants et lançant des plaquettes incendiaires qui mirent le feu à une quarantaine de maisons.
Blessé alors qu’il tentait d’éteindre l’incendie de sa grange, André Froment est décédé des suites de ses blessures le 18 août 1945 à Sermaize-les-Bains. Son nom a été ajouté à la liste des victimes civiles du 29 août 1944.
Ce jour-là, onze civils ont été massacrés, abattus ou brûlés vifs dans leurs maisons : Roger Chollet, Marie Louis Delissus, Henri Fritsch, Georges Lambert, Antoinette Loisier, Pierre Mansion, Louise Paul née Cormann, Albert Petit et son épouse Marie Petit née Tixier, Paul Schaff et son épouse Paulette Schaff née Page.
Une dizaine de blessés graves ont été transférés à l’hôpital de Saint-Dizier (Haute-Marne), où Marie Loisier est décédée le 16 octobre 1944 des suites de ses blessures.

L’acte de décès numéro 41, dressé à l’état civil de Sermaize-les-Bains le 18 août 1945 déclare André Froment décédé le 18 août 1944 rue Bénard.

On a longtemps cru que ce massacre avait été perpétré par des SS. L’historien Jean-Pierre Harbulot a établi qu’il s’agissait de soldats ordinaires appartenant au 29e Régiment de Panzergrenadier, une « unité conventionnelle de l’armée régulière », autrement dit de « soldats ordinaires » de la Wehrmacht. Ce régiment faisait partie de la 3e Division de Panzergrenadier qui, après avoir combattu sur le front de l’Est en Russie, puis en Italie dans la région de Florence, a été ramené en Allemagne, rééquipé et renforcé, puis envoyé en France pour protéger la retraite de la Wehrmacht et ralentir l’avancée des la IIIe Armée américaine du général Patton.
Du 29 au 31 août 1944, des unités appartenant à ce régiment se sont livrées à des exactions à Sermaize-les-Bains et dans les villages meusiens de la vallée de la Saulx, Robert-Espagne, Couvonges, Beurey-sur-Saulx et Mognéville : exécutions sommaires, massacres de civils, maisons incendiées.

Sur le monument aux morts de Sermaize-les-Bains, le nom d’André Froment est inscrit sur la liste des « Victimes civiles » de la 2e guerre mondiale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article227010, notice FROMENT André, Homère par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 2 mai 2020, dernière modification le 7 mai 2020.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Sur le monument aux morts</br> de Sermaize-les-Bains
Sur le monument aux morts
de Sermaize-les-Bains
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCE : Mairie de Sermaize-les-Bains. – Jean-Pierre Harbulot, " Les massacres du 29 août 1944 dans la vallée de la Saulx et leurs suites judiciaires ", Meuse en guerres, Bar-le-Duc, Société des lettres, sciences et arts, 2010. – Mémorial Genweb. – État civil, Sermaize-les-Bains (acte de décès).

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