SAUMONEAU Berthe, Vélina

Par Julien Chuzeville

Née le 2 décembre 1878 à Savigny-Lévescault (Vienne), morte le 18 novembre 1964 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; tailleuse d’habits, puis dactylographe ; militante socialiste à Paris.

Berthe Saumoneau était la fille de Françoise Desmazeau, couturière, et d’Alexandre Saumoneau, menuisier. Elle était la sœur cadette de la militante socialiste Louise Saumoneau.
En septembre 1899, Berthe Saumoneau cosigna un texte dreyfusard du Groupe féministe socialiste, qui était dirigé par sa sœur Louise et par Élisabeth Renaud. Elle était indiquée : « Berthe Saumoneau, tailleuse ». En 1901, elle était la secrétaire adjointe de la Chambre syndicale des travailleuses de l’aiguille, dont la secrétaire était Louise Saumoneau. Elles habitaient alors toutes deux au 13, rue Biscornet (Paris, XIIe arr.). D’après la police, elle était couturière et travaillait dans un atelier.
Berthe Saumoneau fut par la suite militante de la section du XIIe arrondissement de Paris du Parti socialiste SFIO. En janvier 1912, elle prit la sténographie d’un discours de Jean Jaurès lors d’une réunion publique organisée par sa section.

Son neveu Henri Champion mourut au front le 25 septembre 1915 dans la Marne ; il était le fils de sa sœur aînée Marie Saumoneau (née le 9 juin 1874 à Poitiers), épouse (ou compagne ?) d’Alfred Champion. L’existence de cette sœur de Louise Saumoneau, qui ne semble pas avoir été militante, a entraîné une confusion avec Berthe Saumoneau qui a par conséquent parfois été appelée par erreur « Berthe Champion ».

Au cours de l’automne 1915, Berthe Saumoneau participa à la mobilisation pour faire libérer sa sœur Louise, emprisonnée pour avoir diffusé des tracts pacifistes. Selon un rapport de police du 9 décembre 1915, Berthe Saumoneau était alors membre du Comité d’action féminine socialiste pour la paix contre le chauvinisme, créé par sa sœur. Ce même document affirme qu’elle participait « au mouvement féministe ».

Elle resta adhérente de la SFIO après la scission de 1920, toujours à la XIIe section de Paris. Elle était également membre du Groupe des femmes socialistes. En mai 1931, Berthe Saumoneau fut élue par le congrès de la SFIO au Comité national des femmes socialistes ; elle fit partie de son premier bureau, en tant que trésorière. Elle fut réélue au Comité national ainsi qu’au poste de trésorière en 1932 et en 1933. Elle ne se représenta pas en 1934, « pour raisons de santé ».

Dans les recensements de 1931 et de 1936, il était indiqué qu’elle habitait avec sa mère au 7, rue Théophile-Roussel (Paris, XIIe arr.), et qu’elle était « dactylo ».
La dernière trace que l’on ait d’elle est une souscription qu’elle versa avec sa sœur Louise, dans Le Populaire du 18 octobre 1938.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article251757, notice SAUMONEAU Berthe, Vélina par Julien Chuzeville, version mise en ligne le 21 octobre 2022, dernière modification le 23 novembre 2022.

Par Julien Chuzeville

SOURCES : Arch. PPo., 1W1165 (dossier n° 59716). — Arch. Paris, fiche matricule d’Henri Champion, classe 1914 n° 2608, et recensement du XIIe arr. en 1931 et 1936. — La Petite République, 14 septembre 1899. — Le Petit sou, 14 mars 1901. — Le Populaire, 9 novembre 1928, 8 juin 1931, 23 juin 1931, 29 juin 1932, 21 juillet 1933, 23 août 1933 et 7 mai 1934. — Charles Sowerwine, Les Femmes et le socialisme, FNSP, 1978. — Gilles Candar, « Amis de Jaurès, une association », Cahiers Jaurès n° 143, janvier-mars 1997, p. 72. — Note de Claude Pennetier. — État civil de la Vienne.

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