MÉTAYER Roger, Maurice

Né le 17 mars 1898 à Paris (XIVe arr.), mort le 10 février 1949 à Châtenay-Malabry (Seine) ; ouvrier tourneur ; membre de la commission fédérale CGTU des Métaux ; militant communiste.

Fils d’un mécanicien et d’une modiste, Roger Métayer fut exempté du service militaire « pour atrophie de la main droite ». En 1919, il adhéra au Parti socialiste et fut partisan de l’adhésion à la IIIe Internationale. Après la scission de Tours, il devint secrétaire de la 14e section de Paris de la SFIC.

En mars 1921, un Métayer (le même ?) fut élu par le conseil de la Fédération de la Seine à la commission de propagande fédérale.

En juillet 1921, Métayer représenta le syndicat des ouvriers et ouvrières des Métaux de la Seine au congrès confédéral de Lille. En septembre 1921, parlant devant une assemblée du comité intersyndical de Pantin-Aubervilliers, il précisa sa position : « La classe ouvrière doit militer soit dans les syndicats, soit dans les partis communiste ou anarchiste. Tout d’abord, il incombe aux prolétaires de se débarrasser des pantins qui, à la tête de ces organisations, les trahissent... »

Il assista aux congrès de la Fédération communiste de la Seine qui se tinrent en juillet, en décembre 1921, puis en janvier 1922. En octobre 1921, il avait soutenu la candidature de Louis Badina lors d’une élection partielle dans le XIVe arrondissement.

Du 24 février au 4 mars 1922, Métayer participa à Moscou à la conférence du comité exécutif élargi de la IIIe Internationale avec Cachin, Ker, Renoult, Sellier, Lucie Colliard, Alfred Rosmer, Souvarine et Treint. Au sein du PC, Métayer était proche de Maurice Heine. Dans un rapport de Jules Humbert-Droz (qui lui attribue le prénom de René) au présidium de l’IC sur la situation du parti français, les deux militants d’extrême gauche étaient décrits comme « fortement influencés par les idées fédéralistes ». Néanmoins lorsque Heine fut exclu du PC en janvier 1923, Métayer ne s’opposa pas à cette mesure et fut réélu le 13 janvier secrétaire de la 14e section du Parti communiste à laquelle avait appartenu Heine. A son retour, la police avait trouvé sur Roger Métayer une série de documents compromettants, notamment un journal (Rachel Mazuy, p. 23, p. 56 ; F7/13510).

Parallèlement à ses activités politiques, Métayer continuait à militer à la Fédération CGTU des Métaux. En novembre 1922, il fut élu membre de la commission exécutive fédérale, puis réélu en 1923 (voir Bizien). Au sein de la fédération, il s’efforça de renforcer la fraction communiste. Son action fut identique au sein du comité intersyndical du XIVe arr. où il s’opposa à Godeau et à ses amis anarchisants. Bien que favorable à la tendance communiste au sein de la CGTU — il vota les motions majoritaires lors du congrès confédéral de Bourges en novembre 1923 — il critiqua les réunions organisées par le Parti communiste à la sortie des usines : « Laissons ce soin aux syndicats, nous ne sommes pas assez bien au sein de la CGTU qui nous traite de politiciens. »

En 1924, ses critiques contre le PC se firent plus nombreuses et lors d’une réunion de la 14e section, le 7 juin 1924, il fit remarquer aux nouveaux adhérents que dans le parti « on ne se gêne pas pour dire ce que l’on pense aux élus et aux chefs ». Dans les Cahiers du bolchevisme, Albert Treint s’en prit lui aussi à Métayer dont les prises de position au cours du congrès de la région parisienne, lui semblaient « exprimer les survivances dans nos rangs de l’esprit anarchiste ». Il fit un procès en règle à Métayer l’accusant d’avoir déclaré au cours de son séjour à Moscou qu’une armée « quelle qu’elle soit me dégoûte ». Métayer répondit à Treint que cela était faux.

Malgré ces démêlés, il fut le candidat du Bloc ouvrier et paysan aux élections municipales de 1925 dans le quartier du Petit-Montrouge. Il recueillit 1221 voix sur 11 000 inscrits.

Cependant à partir de 1926, sa position au sein du Parti communiste devint plus difficile. Il continua néanmoins à prendre la parole dans des réunions publiques. L’Humanité du 1er décembre 1927 publia la résolution du comité du 6e rayon communiste excluant un Métayer en même temps que Maurice Paz et Magdeleine Paz ; il s’agit vraisemblablement de Roger Métayer qui, en 1928, appartint, aux côtés de A. Mahouy à la minorité de la Fédération unitaire des Métaux. Il cessa toute activité militante au cours de l’année 1928.

Roger Métayer s’était marié en 1930 à Paris (XIVe arr.). Il mourut en 1949.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121934, notice MÉTAYER Roger, Maurice, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 26 juin 2019.

SOURCES : RGASPI, 495 270 7326. — Arch. Nat. F7/13782. — Arch. Jean Maitron (fiche Batal). — Arch. J. Humbert-Droz, op. cit.Le Temps, 3 et 10 mai 1925. — L’Humanité, 22 avril 1925. — Cahiers du bolchevisme, n° 6, 26 décembre 1924 et n°8, 9 janvier 1925. — Contre le courant, n° 2-3, 2 décembre 1927. — Notes de Jean-Luc Pinol. — Rachel Mazuy, Croire plutôt que voir ? Voyages en Russie soviétique (1919-1939), Odile Jacob, 2002.

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