GOYET Henri, Claude

Par Justinien Raymond

Né à Lyon (Rhône) le 1er novembre 1843 ; mort à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 2 février 1900 ; participant à la Commune de Marseille ; militant socialiste et élu de Marseille.

Les parents d’Henri Goyet tenaient à Lyon un établissement qui était devenu le lieu de réunion des républicains, ce qui les mêla au mouvement de 1848. Lors de la répression qui suivit le coup d’État du 2 décembre 1851, Claude-François Goyet, père d’Henri, fut incarcéré et mourut peu après. Sa veuve, plus ardente encore dans le combat républicain, quitta Lyon avec ses trois enfants pour Marseille où elle ouvrit, près de la mairie, à l’enseigne la Halle-Bonneterie, un magasin de produits lyonnais. Son fils aîné prénommé Henri lui aussi, prit une autre voie et fut bientôt chargé de famille. Sa fille, mariée, se fit modiste. Henri Goyet, resté célibataire et qui avait été ouvrier canut à Lyon, se chargea, avec sa mère, de la Halle-Bonneterie.

Il se lança dans l’action politique d’avant-garde. En 1871, il répondit à l’appel de Gaston Crémieux et, avec son frère, participa à la Commune marseillaise du 25 mars au 4 avril. Il avait pu échapper à la répression, mais son frère et homonyme ayant été poursuivi, Henri Goyet, célibataire, s’offrit à sa place. Enfermé au Château d’If, puis à la prison Saint-Pierre, il fut condamné, le 22 juillet 1871, par le 1er conseil de guerre de la 9e division militaire à cinq ans de détention. Il purgea sa peine, réduite à quatre ans le 23 décembre 1874, à la Maison centrale de Nîmes, puis à celle de Thouars (Vendée).

Après sa libération et son retour à Marseille en 1876, il épousa la première ouvrière modiste de sa sœur et reprit son activité politique. Après l’amnistie de 1881, il participa à l’organisation du mouvement socialiste à Marseille. Il était d’ailleurs l’ami de Flaissières, médecin de la famille. En 1895 et 1896, il figura sur les listes de candidats au conseil municipal et fut élu. Lors des élections législatives de 1898, Henri Goyet présida le comité de conciliation socialiste qui assura la promesse, tenue, de désistement entre le candidat guesdiste Bernard Cadenat et Pierre Bertas que soutenait H. Goyet et qui se réclamait d’un socialisme fédéraliste d’inspiration proudhonienne, dans le quartier de la Belle-de-Mai.
Alors qu’il était convalescent d’une morsure de cheval de fiacre, Henri Goyet se porta dans la nuit au Vieux-Port où un incendie venait d’éclater. Victime d’un refroidissement, il mourut peu après d’une broncho-pneumonie.
Paul Goyet, un des quatre enfants d’Henri, est actuellement directeur du bimensuel Massalia, socialiste indépendant, qui depuis 1909, a joué un rôle important dans la vie politique marseillaise.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article135937, notice GOYET Henri, Claude par Justinien Raymond, version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/728. — Gazette des Tribunaux, juillet 1871. — Provence historique, fascicule 64, « La carrière politique de Pierre Bertas (1895-1902) », par A. Olivesi. p. 192. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 2/III-52. — Le Petit Provençal, 4 février 1900. — Bulletin officiel de la ville de Marseille, 11 février 1900. — Renseignements fournis par Paul Goyet et par A. Olivesi.

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