PY Sylvestre, Henri

Par André Balent

Né le 30 septembre 1908 à Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales) ; mort au combat contre les Allemands le 25 août 1944 à Ribérac (Dordogne) ; manœuvre à Céret (Pyrénées-Orientales) ; communiste puis communiste clandestin de Céret ; membre du Front national à Céret en 1942 ; interné politique à Lodève (Hérault) puis à Mauzac (Dordogne) de 1942 à 1944 ; résistant en Dordogne (AS ; FTPF ).

Sylvestre Py naquit à Amélie-les-Bains. Mais ses parents — Joseph Py, tailleur d’habits et Louise Armengaud âgés respectivement de trente et vingt-deux ans en 1908— vivaient à Céret, une autre ville du Vallespir. Il était titulaire du certificat d’études primaires. Il se maria le 31 août 1935 à Céret avec Adrienne, Françoise, Louise Armangaud. Le couple eut un enfant. Sylvestre Py était manœuvre chez Rey à Céret.

Avant 1939, Py était un militant de base du Parti communiste. En 1941 et en 1942 Sylvestre Py participa très activement à la reconstitution du Parti communiste clandestin à Céret. Il appartint aussi, à compter de janvier 1942, au groupe local du Front national.

Le PC clandestin parti de Céret fut démantelé le 24 juin 1942. Le secrétaire de cette organisation était Ildefonse Hernandez. Josette Paloma, née Pujol, épouse de Jean Paloma y jouait aussi également un rôle de tout premier plan. Cette dernière, arrêtée par les gendarmes de Céret donna les noms de ses camarades, ainsi que le révèle l’acte d’accusation dressé par la « section spéciale du tribunal militaire permanent de la 16e division militaire séant à Montpellier » et le témoignage concordant de Ferréol Matheu , militant communiste clandestin de Céret, lui aussi arrêté mais qui réussit à se tirer d’affaire. Le groupe démantelé comprenait — outre Sylvestre Py, Ildefonse Hernandez et Josette Paloma : Isidore Bouix, manœuvre, Étienne Marty, ajusteur, François Capell, cultivateur. Tous ces militants, à l’exception d’Isidore Bouix et de Josette Paloma, n’avaient pas joué de rôle important, au plan local, avant 1939. Avec son groupe, arrêtés entre le 25 et le 30 juin, ils s’étaient livrés à un intense travail de propagande clandestine. Il avait distribué de nombreux tracts, dont l’« Appel au peuple français » du Parti communiste. Le 2 octobre 1942, la section spéciale du tribunal militaire renvoya leur procès à une date ultérieure. Le 27 octobre 1942, Sylvestre Py fut condamné à cinq ans de prison.

Il fut d’abord incarcéré à la prison militaire de Lodève (Hérault) puis à celle de Mauzac (Dordogne) dont il parvint à s’évader avec d’autres détenus, le 7 juin 1944 à la suite d’une opération menée par une centaine de maquisards de l’AS commandés par Léon Cerisier, alias « Léontine ». Les résistants occupèrent dans un premier temps cette prison du 9 au 21 juin 1944. Py aurait intégré le « groupe Loiseau » de l’AS. Celui-ci avait été formé en 1942 par Pierre Pinson (Mussidan, Dordogne, le 16 février 1913- Beaumont-du-Périgord, 9 juillet 1944) . Ce dernier, typographe reconverti dans l’agriculture à Prigonrieux où il aida des Juifs (il fut honoré longtemps après sa mort (abattu alors qu’il avait été fait prisonnier par les Allemands) de la distinction de Juste parmi les nations) et où il prit la tête du groupe Loiseau de l’AS impliqué avec d’autres dans l’occupation de la prison de Mauzac. La 11e Panzerdivision accrocha les maquisards qui avaient conquis puis occupé la prison de Mauzac. Un violent combat, dans lequel fut impliqué le groupe Loiseau eut lieu à Mouleydier le 21 juin 1944. Le village fut détruit, 175 maisons incendiées. Parmi les 65 victimes probables, 22 maquisards qui furent fusillés après avoir parfois été torturés. Le groupe Loiseau poursuivit la lutte.

Mais Py était-t-il un combattant de ce groupe de l’AS entre juin et juillet 1944 ? Dans sa brochure (citée dans les sources) Georges Sentis a écrit par erreur que Py avait été libéré de Mauzac par des FTPF tout en signalant qu’il avait rejoint le groupe Loiseau (AS). Mais d’autres témoignages (Jean Clerc, en particulier) repris sur un blog ( http://leperigorddanslasecondeguerre.centerblog.net/ ) évoquent la libération de quatre-vingt-neuf prisonniers de la prison de Bergerac par un groupe de FTP. La liste publiée par le même blog inclut le nom de Sylvestre Py ainsi que celui Pierre Arraut, futur député maire communiste de Sète (Hérault) lui aussi détenu auparavant à Mauzac. Rien n’empêche que Py ait pu aussi rejoindre après sa libération un groupe de l’AS. Son dossier du SHD de Vincennes indique qu’il se serait évadé de la prison le 30 juillet 1944. Mais il semblerait plutôt que cette date fut celle de son entrée au 4e bataillon de la 2211e compagnie des FTPF de Dordogne dont Py fut le chef du premier groupe. Son chef direct — Robert Bertin qui demeurait en 1949 à Bénezet dans l’Allier — attesta sa présence dans cette unité résistante et donna des détails sur le combat où périt Sylvestre Py. Son passage temporaire par l’AS pourrait donc s’expliquer.

À la suite d’un accrochage avec les occupants d’une camionnette allemande, Sylvestre Py fut mortellement blessé à Ribérac. Il était alors sur un poste avancé le long de la route de Saint-Aulaye (Dordogne). Son dossier du SHD, Georges Sentis (op.cit) et le site MemorialGenWeb donnent la date du 25 août que l’on peut considérer comme certaine. Toutefois, la Libération de la Dordogne eut lieu entre le 19 et le 22 août, date du dernier accrochage recensé par les articles traitant de la Libération de la Dordogne entre la Résistance et les Allemands qui se repliaient vers l’Atlantique. Mais Ribérac, localité du Périgord Vert, au nord du département, est proche de la Charente libérée aux alentours du 30 août ce qui expliquerait que l’accrochage de Ribérac ait eu lieu après la libération de Périgueux et de la quasi totalité du département l le 22 août 1944.

Sylvestre Py fut déclaré « mort pour la France ». Son nom figure sur le monument aux morts de Céret.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157836, notice PY Sylvestre, Henri par André Balent, version mise en ligne le 31 mars 2014, dernière modification le 3 novembre 2020.

Par André Balent

SOURCES : SHD (Service historique de la Défense), Vincennes, 16 P 494236. — Archives de la justice militaire au Blanc, registre du tribunal de Montpellier. — Arch. de la famille Bouix (dont, notamment, l’acte d’accusation dressé par la « section spéciale du tribunal militaire permanent de 16e division militaire séant à Montpellier »). — Arch. com. Amélie-les-Bains – Palalda, état civil d’Amélie-les-Bains, acte de naissance de Sylvestre Py et mention marginale. — Jacques Boujou, « Pierre Pinson ‘’juste parmi les Nations’’ posthume », Sud-Ouest, 22 août 2013. — Ramon Gual, Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II b, De la Résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, p. 924. — Georges Sentis, Les communistes et la Résistance dans les Pyrénées-Orientales. Biographies, Lille, Éditions M / R, 1994, 182 p. [p. 152] ; Dictionnaire biographique des résistants et civils des Pyrénées-Orientales tués par les Allemands et les collaborateurs, Perpignan, Éditions M / R, 2012, 28 p. [p. 25]. — Jacky Tronel, « L’Épuration et les femmes tondues en Dordogne (1944-1951) », Arkheia, 17-18, Castelsarrazin, 2006, pp. 26-36. — Bulletin municipal de la commune de Pressignac-Vicq n°5, novembre 2012, discours du maire de la commune prononcé à Mouleydier le 21 juin 2012, pp. 1-2. — Site http://www.ajpn.org/juste-Pierre-Pinson-1436.html consulté le 27 mars 2014. — Site http://aquitaine.france3.fr/2013/08/26/mon-pere-ce-heros-un-juste-parmi-les-nations-raconte-par-ses-enfants-307355.html consulté le 27 mars 2014. — Site MemorialGenWeb consulté en mars 2014. — blog http://www.leperigorddanslasecondeguerre.centerblog.net/58-54-la-liberation-des-detenus-de-la-prison-de-bergerac consulté le 31 mars 2014. — Site http://www.anacr.com/htfr/0043.htm consulté le 31 mars 2014. — Témoignage (Maureillas, 1977) de M. Jean Bouix, fils d’Isidore Bouix.

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