CARN Albert [dit Marchand]

Par Claude Pennetier

Né le 15 octobre 1907 à Douarnenez (Finistère), mort le 7 septembre 1992 à Périgueux (Dordogne) ; serrurier ; syndicaliste CGT des métaux ; membre du comité central du PCF (1947-1950).

Carn Albert faisant un discours. Cliché fourni par sa fille, Louisa Coudesfeytes.

Fils de Corentin Carn, soudeur (ouvrier boîtier), syndicaliste, et de Maria Lucas, couturière, Albert Carn avait quatre sœurs. Après ses études primaires, il fut apprenti serrurier. L’armée le réforma définitivement après trois mois de régiment, en 1927. Il adhéra à la Fédération sportive du travail en 1932, à la CGTU en janvier 1933 et au Parti communiste en janvier 1934.
Ouvrier aux usines Renault de Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine) à partir de 1934, membre du comité exécutif de la Fédération des Métaux désigné après la réunification syndicale de mars 1936, Albert Carn fut élu membre du comité exécutif fédéral lors du congrès de novembre 1936. Ce comité comprenait Alfred Costes, Castanier, Maurice Cuissot, Robert Doury, Jean Dupaquier, Benoit Frachon, Henri Gautier, Grimoin, Hamon, Serge Le Lay, Marcel Loffel, Lemire Henri, Poirot et Jean-Pierre Timbaud. Malade, Albert Carn démissionna en cours de mandat. En 1936-1937, il appartint à la commission exécutive des métaux de la région parisienne. Toujours pour raisons de santé, il ne put conserver cette fonction en 1938.
Albert Carn était dans les Alpes-Maritimes au moment du Pacte germano-soviétique. En avril 1945, il écrivit : « Cet acte m’a surpris et créé en moi un certain émoi. La première question que je me suis posée : que vont penser les gens ? J’ai immédiatement pris contact avec les copains du parti et tenté d’expliquer aussi clairement que possible la nature du Pacte et les raisons qui avaient amené sa signature. J’ai subi, étant connu comme communiste, les sarcasmes des gens de cette petite localité (Vence). À aucun moment, je le dis avec fierté, je ne me suis laissé démonter et ai toujours défendu l’Union soviétique. » (témoignage d’avril 1945)
Présent au château de Vouzeron, centre de repos de la Fédération des Métaux, il en fut chassé lors de la saisie des biens de la CGT. « La clandestinité commence. Dès mars 1940, après avoir rendu compte du mandat qui m’avait été confié et en accord avec mes amis, je me réfugie dans un petit village du Cher, Foëcy. J’entreprends immédiatement le lent, patient et difficile travail d’organisation, d’opposition au boche, dans le département du Cher. »
En octobre 1940, il prit contact avec Pierre Rebière qui vint le voir en novembre à Foëcy (Cher) en lui demandant d’accepter la responsabilité régionale. Le 10 novembre, il l’emmena dans une réunion qui se tenait à Vierzon : « Là, Rebière m’a présenté à quelques camarades. Après avoir fait la critique de leurs faiblesses il leur indiqua qu’avec mon aide il faudrait tout faire pour redresser. Étaient présents à cette réunion Deligny Marcelle qui doit être de Vierzon, Rousseau, l’ancien maire de Vierzon actuellement en Allemagne » ; le lendemain « nous sommes partis vers 9 heures en vélo, en direction d’un petit village situé à quelques kilomètres de Bourges. Nous avons pris contact avec le camarade Duchêne (MNPGU). Le soir de ce 11 novembre nous avons eu une réunion à Bourges au cours de laquelle furent examinés des problèmes d’organisation. Étaient présents : Marcel Cherrier, actuel secrétaire régional du Cher, Duchêne*, Marcel Deligny jeune ». Carn fut perquisitionné et arrêté peu après. Il retrouva Pierre Semard à la Maison d’arrêt de Bourges, puis fut envoyé dans un hôpital, puis à Rouillé où, avec Raymond Tournemaine, il tenta de s’évader plusieurs fois, enfin à Voves d’où il s’évada avec 41 de ses camarades dans la nuit du 5 au 6 mai 1944, par un souterrain de 130 mètres. Il participa alors à la Résistance avec Robert Deloche.
De septembre 1944 à 1945, il fut secrétaire de l’Union syndicale des Métaux de la région parisienne. Secrétaire général en 1946-1948, membre de la commission exécutive de la Fédération CGT des Métaux de 1946 à 1951, il devint membre du bureau de l’Union départementale de la région parisienne en 1951.
De 1957 à 1965 il fut directeur de la polyclinique des Bluets - Paris XIe arr. (Polyclinique des métallurgistes).

Albert Carn siégea au comité central du Parti communiste français après la Seconde Guerre mondiale : élu suppléant en 1947, il ne fut pas renouvelé en 1950.
Retiré en Dordogne, il continua à militer et fut notamment maire adjoint de Saint-Léon-sur-l’Isle en 1965. Il fut membre de la commission fédérale de contrôle financier à partir de 1965.
Albert Carn s’était marié le 21 juin 1930 à Paris (XVIe arr.) avec Arthurine, Ernestine, Amadéa Vare, dont il divorça en avril 1964 pour se remarier le 21 novembre de la même année à Paris (XXe arr.) avec Rolande Julienne Chanclud.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18723, notice CARN Albert [dit Marchand] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 janvier 2022.

Par Claude Pennetier

Carn Albert faisant un discours. Cliché fourni par sa fille, Louisa Coudesfeytes.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — S. Courtois, Thèse, op. cit., annexe n° 18. — Comptes rendus des congrès fédéraux de 1936 et 1938. — L’Humanité, 10 septembre 1992. — État civil. — Notes Louisa Coudesfeytes, sa fille. — Extrait de naissance et de décès de Albert Carn délivré par la mairie de Douardenez le 21 septembre 1992. — Extrait La CGT Metallurgie -Décès Charles Guillemin nous a quittés le 7 décembre 2017 - avant d’être désigné directeur de la polyclinique Pierre-Rouquès en février 1965, en remplacement d’Albert Carn

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