ROUCAUTE Gabriel [ROUCAUTE Louis, Gabriel]. Pseudonyme à l’ELI : ROUX André (version DBK)

Par René Lemarquis, Jean Lorcin

Né le 25 avril 1904 à Alès (Gard), mort le 21 février 1960 à Alès ; ouvrier métallurgiste ; élève de l’ELI en 1930-1931 ; secrétaire régional du Parti communiste de la Loire (1938-1939) ; maire d’Alès, député du Gard (1945 à 1958).

Gabriel Roucaute était le fils d’un mineur devenu communiste, qui, renvoyé devint manoeuvre chez un entrepreneur de canalisations d’eau ; sa mère, née Mathilde Roux, était ménagère. Il fréquenta l’école primaire du quartier de Tamaris jusqu’au certificat d’études primaires qu’il obtint à douze ans. L’année suivante, il fit les courses dans un magasin d’Alès et, à treize ans, il commença à travailler comme apprenti monteur puis fut employé dans des fonderies d’Alès. Il fit son service militaire comme soldat de 2e classe au 2e zouaves. Il épousa en 1927 Adrienne Martin, ménagère et couturière, sympathisante communiste avant guerre puis militante en 1945. Ils avaient un enfant en 1930. Il était membre d’un club sportif de son quartier adhérant à la 3 FA.

En 1924, à son retour du régiment, Gabriel Roucaute adhéra au Parti communiste, recommandé par son père et d’autres adhérents de la cellule de son quartier des Tamaris où il milita et qui dépendait du Rayon d’Alès. (La date de 1924 figure dans le questionnaire de 1945 et de 1946, elle est sans doute plus exacte que celle de 1927 de l’autobiographie de 1933 où il indiquait avoir adhéré en revenant de l’armée soit au plus tard 1925). Son autobiographie avant le départ pour l’ELI indique 1927. Il devint secrétaire de sa cellule (Tamaris n° 5) ainsi que du syndicat unitaire des métaux local auquel il avait adhéré en 1925. Il était aussi membre du SRI et de la FST En tant que membre du bureau de son syndicat, il participa à la grève d’août 1929 à l’usine de Tamaris et, en tant que membre du comité de Rayon il suivit celle des mineurs de la même année. Il suivit, toujours en 1929, une école régionale du parti, il avait été noté de la manière suivante : « milieu familial communiste. À fait un bon travail à l’usine de Tamaris à Alès. Timide Activité insuffisante mais dévoué et sérieux comprend très bien. Applique bien. Peut se développer beaucoup. D’accord avec la ligne du Parti. » Il quitta Alès en septembre 1930 pour participer, à Moscou, à l’École léniniste internationale où on déclara être satisfait de son séjour : « A travaillé consciencieusement. À fait des progrès théoriques ». Après trois contingents de trois ans, c’était le premier contingent d’un an, comprenant sept militants : Quinet, Izaute, Roucaute, Gundram, Aubit, Meyer, Lucienne Lesaint.

À son retour en 1931 il assura le secrétariat du Rayon d’Alès et, lors de la Conférence régionale de juillet 1933, devint membre du bureau régional. Il fut plusieurs fois délégué à des conférences régionales en 1929, 1932, 1933. En février 1932 il fut élu secrétaire du Rayon d’Alès dont il assurait de fait les fonctions. Il participa activement à la campagne électorale des législatives en 1932. Il était par ailleurs membre du SRI et dirigeait la section des Amis de l’URSS de son quartier forte de 42 membres. En 1933 Gabriel Roucaute participait au travail communal et d’administration comme membre du bureau municipal du BOP d’Alès et responsable des municipalités BOP de la région. Il affirmait, en 1932-1933 avoir vécu une “période assez dure” en raison du conflit et de l’exclusion d’Adolphe Capelle.

Aux côtés de Barthélémy Ramier et Louis Ollier* (et Louis Henri Marius Ollier), il eut à partir de cette date un rôle important dans la Loire, à en juger d’après le nombre et le poids de ses interventions et de ses articles dans Le Cri du Peuple, hebdomadaire communiste de la Loire.

De novembre 1938 à l’anniversaire du 6 février 1934, en 1939, Gabriel Roucaute n’eut de cesse que socialistes et communistes renforçassent ou maintinssent leur unité, face au péril fasciste. Et d’appeler les travailleurs à “l’action décisive par la grève et l’occupation des usines”, “ comme en 1936”, jusqu’à l’abrogation des “décrets-lois de misère” et au “renversement” d’un gouvernement Daladier qui “ne représente plus la France”.

Ces violences verbales éveillèrent quelques réticences au sein de la coalition du Front populaire. Des militants trouvaient que le PC s’en prenait “trop fort” à Daladier. Gabriel Roucaute s’inquiétait surtout des réserves formulées par le secrétaire du Parti socialiste, Jean Robert, qui, face au mot d’ordre du “Parti unique” de la classe ouvrière qui avait trouvé un début d’application dans la Loire, à Veauche, brandissait “l’épouvantail de la volaille plumée” pour soustraire la Fédération socialiste de la Loire à toute action commune, en dépit des initiatives de la “base” et de la volonté clairement affirmée lors d’un récent congrès.
Mobilisé pendant l’été 1939, le secrétaire du PCF pour la Loire et la Haute-Loire transmit ses fonctions à Marius Patinaud.

Gabriel Roucaute reprit contact en juillet 1940 avec le PC après sa démobilisation. Comme instructeur du triangle Zone Sud il fut responsable du parti en 1941 et chargé de la lutte armée. Il fut arrêté le 14 juin 1942, condamné à mort à Clermont-Ferrand, il fut gracié “par la pression de la population” écrivit-il (questionnaire de 1946). Emprisonné à Nontron il s’évada le 9 juin 1944 et combattit dans les maquis FTPF de la Corrèze et fut instructeur FTP dans la zone sud. Il fut élu membre suppléant du comité central au Xe congrès du PC (Paris, juin 1945), réélu comme titulaire au XIe (Strasbourg, juin 1947) et conserva cette responsabilité jusqu’à sa mort en 1960. Il fut à la Libération maire d’Alès, conseiller général de la Grand-Combe et député du Gard de 1945 à 1958. Il était également secrétaire de la Fédération du Gard du Parti communiste.

Il était père de deux enfants, dont un né dix mois avant son départ à l’ELI.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76028, notice ROUCAUTE Gabriel [ROUCAUTE Louis, Gabriel]. Pseudonyme à l'ELI : ROUX André (version DBK) par René Lemarquis, Jean Lorcin, version mise en ligne le 24 janvier 2010, dernière modification le 18 février 2021.

Par René Lemarquis, Jean Lorcin

SOURCES : Le Cri du Peuple, 1938-1939. — La Tribune républicaine, 27 novembre 1938, 15 avril 1939. — Monique Luirard, “Le Parti communiste français dans la région stéphanoise de la fin 1938 à la fin de 1941”, colloque PCF 1938-1941, 1983 (publication partielle dans Les communistes français de Munich à Châteaubriant, Presses FNSP, 1987. — Arch. comité national du PCF. — RGASPI 495 270 1859 ; RGASPI : 495.270.9015. Autobiographie du 16 août 1931 (classé A1) ; questionnaire biographique non daté (1946 !) ; note de la SMC du 1er mars 1950 ; 517 1 998 ; 517 1 1111. — Notes de Sylvain Boulouque.

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