PANCHOUT Armand, Jules, Joseph

Par Frédéric Stévenot

Né le 9 août 1890 à Angerville-la-Martel (Seine-Inférieure), mort le 8 novembre 1971 à Caen (Calvados) ; cordonnier, employé de commerce ; militant socialiste et communiste ; militant CGTU.

Fils de Jules Armand Panchout, journalier âgé de quarante ans, et de son épouse Virgile Juliette Guillotin, tisserande âgée de trente-sept ans, Armand Panchout naquit au domicile de ses parents. Il se maria le 11 février 1911 à Fécamp (Seine-Inférieure), avec Marie Victorine Glinel.

Au moment de son recensement militaire, Armand Panchout était cordonnier. Il vivait avec sa femme à Fécamp, au 70 rue Arquaire. Bon pour le service, il fut incorporé au 129e régiment d’infanterie, où il arriva le 9 octobre 1911. Il fut renvoyé dans ses foyers le 8 novembre 1913, muni d’un certificat de bonne conduite. Il est à noter que la page du registre matricule le concernant porte la mention « A.F.A. ».
Domicilié à Rouen (28 quai de Paris, le 31 janvier 1914), puis à Paris (7 rue d’Aboukir, le 19 juillet 1914), Armand Panchout fut rappelé le 3 août 1914, et arriva dans son unité le 6 août suivant. Il passa du 129e régiment d’infanterie au 28e. Il fut blessé assez rapidement, le 29 août, lors des combats de Guise (Aisne), d’un éclat d’obus dans le dos. Il revint le 3 octobre 1914. Il fut à nouveau blessé à la tête le 5 juin 1915, au Labyrinthe (secteur d’Arras, Pas-de-Calais), par éclat de grenade, alors qu’il se trouvait en tête de la colonne attaquant une barricade. Il obtint alors une citation à l’ordre du régiment.
. La commission de réforme de Lisieux le classa dans le service auxiliaire, le 30 octobre 1916, pour raideur permanente des trois derniers doigts de la main droite. La commission de réforme du Havre confirma son classement dans les services auxiliaires, le 6 avril 1917, avant de le déclarer définitivement réformé le 19 septembre suivant. Il passa alors au 1er régiment d’artillerie (29 sept. 1916), puis aux dépôts du 65e RA (1er oct. 1917), du 64e RA (1er juin 1918). Il fut mis en congé illimité de démobilisation le 9 avril 1919. Armand Panchout se retira à Fécamp, au 32 rue Oscar-Grindel. Des commissions de réforme le reconnurent des traumatismes susceptibles de lui valoir une pension. Il fut définitivement réformé le 25 octobre 1939.

Armand Panchout s’installa à Rouen, au 67 rue Saint-Gervais, le 7 mai 1928. Le 28 septembre 1938, il se trouvait à Vaudry-Bellart (Calvados).

Il travaillait comme employé de commerce dans une maison de confection, à Fécamp (Seine-Inférieure) en 1919. Il était inscrit au carnet B. Il fut, la même année, candidat socialiste aux élections du conseil d’arrondissement.

Secrétaire de la section communiste de Fécamp (Seine-Inférieure), il se présenta sans succès aux élections au conseil d’arrondissement en 1922.
_Armand Panchout s’installa à Lesquielles-Saint-Germain (Aisne) vers 1920. Il travailla dans un magasin de nouveautés de Guise, mais fut congédié le 1er février 1925. À partir de la fin 1924, il s’était affirmé ouvertement comme un propagandiste communiste, assurant le secrétariat de la section de Guise. Il fut secrétaire de l’Union départementale CGTU en 1925 et 1926. Il fut candidat aux élections municipales de 1925, sur la liste du Bloc ouvrier et paysan qu’il mena. Au premier tour, elle obtint 658 suffrages en moyenne, contre 832 pour la « liste fasciste d’union administrative » et 248 pour le bloc des gauches ; aucune n’avait été en mesure de l’emporter. Les candidats ouvriers et paysan eurent :

  • Panchout Armand, employé révoqué, communiste, 664 voix ;
  • citoyenne Patat, des Femmes communistes, 622 ;
  • Lamart Émile, agent d’assurances, communiste, 691 ;
  • Patat André, ouvrier d’usine, , communiste, 662 ;
  • Dépreux [en réalité : Depreux] Lucien, ouvrier d’usine, communiste, 658 ;
  • Poirette Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 653 ;
  • Meurant Albert, ouvrier d’usine, communiste, 675 ;
  • Carette Arthur, ouvrier d’usine, sans parti, 665 ;
  • Bourgeois Léon, ouvrier d’usine, communiste, 671 ;
  • Bray Alphonse, employé d’usine, sans parti, 670 ;
  • Bossu Marcel, ouvrier d’usine, communiste, 652 ;
  • Compère Léon, ouvrier d’usine, sans parti, 661 ;
  • Hermann Fernand, cheminot, communiste, 658 ;
  • Roussel Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 654 ;
  • Paquet Émile, ouvrier d’usine, communiste, 657 ;
  • Noé Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 650 ;
  • Lebeau Émile, ouvrier d’usine, communiste, 650 ;
  • Régnier Maurice, ouvrier d’usine, sans parti, 653 ;
  • Patte Émile, ouvrier d’usine, communiste, 660 ;
  • Dupont Camille, ouvrier d’usine, sans parti, 652 ;
  • Baclet Clément, ouvrier d’usine, communiste, 656 ;
  • Florentin Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 653 ;
  • Pirot Marcel, menuisier, communiste, 657.

Au second tour, le 10 mai 1925, la liste obtint les résultats suivants, d’une moyenne de 746 voix :

  • Panchout Armand, employé révoqué, communiste, 755 voix ;
  • citoyenne Patat, des Femmes communistes, 690 ;
  • Lamart Émile, agent d’assurances, communiste, 821 ;
  • Patat André, ouvrier d’usine, , communiste, 753 ;
  • Dépreux [en réalité : Depreux] Lucien, ouvrier d’usine, communiste, 754 ;
  • Poirette Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 732 ;
  • Meurant Albert, ouvrier d’usine, communiste, 766 ;
  • Carette Arthur, ouvrier d’usine, sans parti, 756 ;
  • Bourgeois Léon, ouvrier d’usine, communiste, 762 ;
  • Bray Alphonse, employé d’usine, sans parti, 761 ;
  • Bossu Marcel, ouvrier d’usine, communiste, 737 ;
  • Compère Léon, ouvrier d’usine, sans parti, 754 ;
  • Hermann Fernand, cheminot, communiste, 743 ;
  • Roussel Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 735 ;
  • Paquet Émile, ouvrier d’usine, communiste, 751 ;
  • Noé Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 736 ;
  • Lebeau Émile, ouvrier d’usine, communiste, 728 ;
  • Régnier Maurice, ouvrier d’usine, sans parti, 735 ;
  • Patte Émile, ouvrier d’usine, communiste, 746 ;
  • Dupont Camille, ouvrier d’usine, sans parti, 734 ;
  • Baclet Clément, ouvrier d’usine, communiste, 734 ;
  • Florentin Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 741 ;
  • Pirot Marcel, menuisier, communiste, 740.

Cependant, le maintien de la liste du bloc des gauches empêchèrent les communistes d’obtenir des élus. Il leur fallut attendre 1929 pour remporter la mairie.

On ignore ce que devint Armand Panchout après 1939, et notamment pendant et après la guerre. Son nom ne figure pas sur les bases de données de Mémoire des hommes et du fonds pour la mémoire de la déportation.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article124735, notice PANCHOUT Armand, Jules, Joseph par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 4 avril 2021.

Par Frédéric Stévenot

SOURCES : Arch. Nat. F7/12970. — Arch. Dép. Seine-Inférieure, 2 Z 42 ; reg. matr. 1R3279/134, bureau du Havre, matr. 2598. — Arch. Dép. Aisne, 2 M 1175. — L’Humanité, 16 janvier 1922. — La Voix paysanne, 9 mai 1925, p. 4 ; 16 mai 1925, p. 4. — État civil d’Angerville-la-Martel, 4E 12663, acte n° 36.

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