GALLISSOT René, Marie, Joseph

Né le 9 février 1934 à Neuilly-l’Évêque (Haute-Marne) ; professeur d’Université (Alger, Sorbonne, Paris 8) ; historien des Internationales ouvrières (questions coloniales et nationales ; historien-sociologue du Maghreb contemporain ; directeur d’équipes CNRS sur les migrations, les relations interethniques (citoyenneté et État national, transnationalisation  ; directeur de la revue internationale de sciences sociales : L’homme et la société ; militant communiste (à l’intérieur du PCF de 1953 à 1973, puis en dehors, intellectuel marxiste critique du communisme soviétique et français ; militant internationaliste ; animateur et codirigeant d’associations antiracistes et cofondateur de l’association « Mémoire, Vérité justice contre les assassinats politiques ».

D’une famille d’origine paysanne, très catholique et de droite, fils d’un facteur des postes, René Gallissot, dernier d’une fratrie de quatre enfants (une soeur devint religieuse), interne au collège du Sacré Cœur à Langres (Haute-Marne), obtint le baccalauréat au lycée catholique de Dijon (Côte d’Or). Pendant sa scolarité, il prit des distances avec la religion catholique et depuis lors, agnostique, se tint en dehors de toute croyance religieuse. Après une hypokhâgne au lycée Carnot de Dijon, devenu interne en khâgne au lycée du Parc à Lyon (Rhône), puis, en deuxième année de préparation, au lycée de Saint-Étienne (Loire), il fut en contact avec des étudiants et des enseignants proches de la revue Esprit ou du marxisme. Se voulant marxiste et communiste, il n’adhéra au Parti communiste français qu’après la mort de Staline.
Reçu au concours, il intégra la section littéraire de l’École normale supérieure de Saint-Cloud en octobre 1955. Licencié ès-lettres (licence libre avec sociologie et en licence d’histoire-géographie), il fréquenta à l’ENS l’annexe de l’Institut pédagogique national chargé de la formation « Cinéma et enseignement » et fut le scénariste et collaborateur de la mise en images et en paroles du film Le paysan et sa maison. Il pensa alors préparer une thèse de doctorat d’histoire du cinéma du muet au parlant, mais fut renvoyé en « esthétique » il renonça.
Adhérant à l’Union nationale des étudiants de France et au Syndicat national de l’enseignement secondaire, il militait dans le cercle de l’Union des étudiants communistes et à la cellule de l’ENS du Parti communiste français. Engagé dans la lutte contre la guerre d’Algérie, responsable du Cartel des ENS des comités d’action contre la guerre, il s’opposa au vote des pouvoirs spéciaux par les députés communistes en mars 1956. Lors d’une réunion des communistes du cartel, il souhaita que soient édités par la presse du PCF des textes des communistes chinois. Dès lors, considéré par les Renseignements généraux, comme militant pro-chinois, agent au sein du PC français, du parti communiste chinois, il fut suivi dans ses déplacements en Europe et en Afrique du Nord.
En contact avec le réseau Henri Curiel, il fut porteur de courriers et quelquefois de valises. À l’ENS, il était très lié avec Abdallah Mazouni, né dans une importante famille d’Algérie dont le père était imam.
René Gallissot obtint de l’ENS l’autorisation pour aller à Casablanca en 1957-1958 préparer son diplôme d’études supérieures, consacré aux questions ouvrières au Maroc dans les années 1930. Découvrant le racisme colonial, il prit contact avec les partisans de l’indépendance de l’Algérie, suivit les chantiers de jeunes de la Route de l’Unité organisée par Mehdi Ben Barka et les préparatifs de création de l’Union nationale des Forces populaires, future Union socialiste (USFP). Par la suite, il battit campagne pour l’indépendance de l’Algérie qu’il considérait comme la seule fin possible de la guerre alors que le PCF, très réservé et peu actif, selon lui, ne parlait que de paix en Algérie.
Reçu à l’agrégation d’histoire en 1960, il fut nommé professeur au lycée d’Auxerre (Yonne). À partir de février 1961, son sursis expirant, il commença son service militaire. Après avoir accompli ses classes en Allemagne, il le poursuivit à l’école militaire préparatoire (enfants de troupe) de Koléa (Algérie). Il rédigea un « Que sais-je ? » consacré à l’économie de l’Afrique du Nord qui connut quatre rééditions et mises à jour. Par l’intermédiaire de la famille de son ami Mazouni, et du libraire local qui fut assassiné par l’OAS, il entra en relations avec des syndicalistes locaux et de responsables politiques algériens dans une atmosphère de guerre et de violence. Devant porter une tenue civile, les enseignants du contingent pouvaient se rendre à Alger et quelques-uns purent suivre, non sans risque, les manifestations algériennes avant et après les Accords d’Évian. II fut ainsi un témoin actif des diverses manifestations des Algériens et de la situation tendue entretenue par les actions de l’OAS.
Le général, chef d’État-major, établi à La Réghaïa, interlocuteur militaire français avec le gouvernement algérien, l’envoya représenter l’armée française à l’ouverture solennelle de la nouvelle université d’Alger, aux côtés du Directeur de l’enseignement supérieur algérien par reconnaissance de son action pour l’indépendance de l’Algérie, l’universitaire français André Mandouze et du Président Ben Bella. Le simple soldat Gallissot y participa en tenue civile. Dans la deuxième moitié de novembre 1962, René Gallissot devint le premier coopérant militaire français jusqu’à la fin du service pour la classe 1954 maintenue (34 mois de service). Le 10 décembre, il passa sous statut de coopérant civil, nommé assistant d’histoire contemporaine à l’Université d’Alger puis maître-assistant en 1964.
À la Faculté des Lettres, en licence d’histoire, il consacra principalement ses cours aux premières formations nationales en Europe et en Amérique atlantique, à leur expansion coloniale, imposant aux populations dominées le statut d’indigènes privés de l’accès aux droits civiques, puisque rattachés à une appartenance communautaire religieuse ; cette assignation d’invention coloniale à une religion dura le plus souvent encore après la décolonisation formelle. En propédeutique, il ouvrit le premier et seul cours sur la Nahda, le renouveau intellectuel en langue arabe de la pensée libre au Proche-Orient se transposant en haute littérature arabe par émigration dite arabe ou libanaise sur les côtes américaines. De 1963 à 1966, il fut chargé du cours d’histoire du Maghreb contemporain et du cours d’histoire internationale des idées politiques. À l’IEP d’Alger, il tenait le séminaire ouvert sur le thème « socialisme et nationalisme » qui était selon lui une « sorte d’université libre ». Avec deux collègues, il eut à recruter sur dossier et entretien la première promotion algérienne de l’ENA crée en 1964 où il enseigna l’histoire contemporaine.
À partir de l’indépendance, arrivèrent des enseignants coopérants et des anciens déserteurs de guerre, fréquemment passés par les ENS, placés sur statut algérien d’assistants ou chargés de cours. Ces derniers étaient souvent plus jeunes que les étudiants et étudiantes qui avaient arrêté les études sous la guerre.
Participaient aussi les jeunes dirigeants, en exil à Alger, des mouvements d’Afrique, du Proche-Orient, d’Amérique latine et afro-américains à de longues soirées de débats sur l’avenir des socialismes. Passèrent par Alger Nelson Mandela clandestin, Malcom X, Che Guevara et les invités de l’Ambassade cubaine. Sous cette forme d’université parallèle, Mehdi Ben Barka, deux fois condamné à mort au Maroc et réfugié à Alger, prit pour modèle de ce qu’il nomma « Université tricontinentale ». René Galissot participai aux réunions et chantiers de jeunes organisés par des étudiants comme la principale collaboratrice d’Henri Curiel, Didar Fawzy, exilée d’Égypte, animatrice de l’Organisation d’aide au Tiers-Monde Solidarité et Jean-Louis Hurst, auteur du témoignage Le Déserteur.
À partir de ses recherches antérieures au Maroc, notamment sur les archives de la Chambre de commerce de Casablanca, René Gallissot soutint une thèse de troisième cycle en 1963 sur Le patronat européen au Maroc (1931-1942). L’entourage du coup d’État militaire de Boumediene en 1965, arrêta sa tentative d’exclusion de la Faculté. Il apparaissait comme un professeur marxiste au milieu des chrétiens progressistes à l’université, mais pour les membres du PCF et les adhérents du Parti communiste algérien interdit, il n’était, dit-il, pas un « vrai communiste ».
Gilbert Badia, professeur d’allemand à Oran puis à la Faculté des lettres d’Alger, très respecté et recherché comme traducteur de Marx-Engels, l’aida à préparer le livre de textes : Marx, marxisme et Algérie, paru en 1976 (Paris, 10,18) puis réédité en Algérie.
René Gallissot se maria en juillet 1961 à Courbevoie (Seine,Hauts-de-Seine) avec une technicienne biologiste. Son épouse travaillait, dans le cadre de la coopération, à la faculté des Sciences d’Alger. Le couple, qui eut quatre enfants dont un fils mourut à Alger. Il divorça en 1995.
À la fin de décembre 1965, gravement malade, rapatrié en France, il séjourna jusqu’au printemps 1967 dans une maison de convalescence de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale dans les Vosges.
À la rentrée universitaire 1967-1968, René Gallissot prit son poste de maître-assistant à la Sorbonne auprès de Jacques Droz, professeur d’histoire internationale contemporaine (domaine de langue allemande) et assura les cours et travaux dirigés sur l’Europe centrale et le mouvement ouvrier international. Inscrit en thèse d’État avec Jacques Droz sur les Internationales ouvrières et la question nationale et coloniale, il travaillait principalement sur les archives du mouvement social (syndicaliste, socialiste, communiste) à la Bibliothèque de l’Institut international de sciences sociales d’Amsterdam (fonds Kautsky, archives Marx-Engels, archives nouvelles sur les trois continents).

A mes débuts à la Sorbonne pour l’intégrer au plus vite, Jean Bouvier, grand maître de l’histoire économique suppléant Ernest Labrousse comme Président de l’Institut d’histoire sociale situé aux Archives nationales se mit d’accord avec Madeleine Rebérioux pour qu’ils fassent équipe. Pour l’avoir lu et se souvenant de leur action contre la guerre française d’Algérie, Madeleine Rebérioux était désireuse que l’on travaille ensemble. Tous deux décidèrent qu’il ferait la première communication de rentrée 1967-1968 aux Archives sur « Syndicalisme et nationalisme ; la fondation de l’UGTA ou du syndicalisme CGT au syndicalisme algérien 1956-1958 ».
Après la séance, Jean Maitron lui donna rendez-vous à Courbevoie où ils habitaient tous deux, pour lui proposer de réaliser le dictionnaire biographique du mouvement ouvrier sur les trois pays colonisés du Maghreb dont deux volumes verront le jour (Maroc et Algérie). Plus largement Jacques Droz l’associa à son séminaire de thésards, le laissant tenir au Centre d’histoire du syndicalisme, ses propres séances sous le titre : « Nationalisme et socialisme » ; ce séminaire progressivement attira les militants aguerris ou notoires des différents courants de marxistes notamment trotskystes, et de « maos », ou de syndicalistes libertaires, à ne pouvoir fermer les portes après Mai 68.
Il était en relation avec Jean Pronteau, ancien député, membre du Comité central du PCF écarté en 1967, éloigné également de la revue publiée par le PCF Économie et Politique qu’il avait dirigé avec [Jean Baby-16418], Pronteau reprenait des études de sociologie et d’urbanisme, entrait aux éditions Anthropos fondées par Serge Jonas et qui lançaient la revue L’homme et la société appelant Gallissot à collaborer à la rédaction. Ces éditions faisaient traduire en français et publiaient pour la première fois les cahiers manuscrits en allemand mélangé, des notes préparatoires à la composition du Capital, Critique de l’économie politique connus sous le nom de Grundisse traduit en Fondements de la crique de l’économie politique et plus tard par Maximilien Rubel. L’homme et la société ouvrait alors un débat international qui fit son succès comme à la même époque les textes de Gramsci et les discussions sur les hégémonies idéologiques. Les Grundisse mettaient en cause la version déterministe de succession des modes de production, notamment le passage du féodalisme au capitalisme.
Parallèlement, bien que suspect depuis la contestation du vote communiste des pouvoirs spéciaux, auprès des responsables Afrique du Nord du Comité central, sur l’insistance du géographe Jean Suret-Canale, retour de Guinée, qui voulait que le Centre d’Études et de Recherches Marxistes s’ouvre sur le Tiers-Monde, il accepta la direction du « secteur histoire ». La direction du CERM avait été confiée à Roger Garaudy, « le philosophe du Parti » soutenu par Maurice Thorez et Laurent Casanova dans ses critiques de l’antihumanisme de Louis Althusser.
Dans toute la période de direction du Secteur Histoire, de 1967 jusqu’à la fin des années 1970-1980, il ne rencontra Garaudy qu’une seule fois pour 3 ou 4 minutes au sortir d’une réunion de Bureau de l’autre organe du Parti qui se voulait plus représentatif : l’Institut Maurice Thorez qui avait son siège ainsi que la Bibliothèque conservant quelques archives, dans le même immeuble 64 Boulevard Blanqui près de la place d’Italie. L’idée du CERM venait de Charles Parain, agrégé de grammaire, historien, collaborateur de Histoire économique de Cambridge (tome 1, Moyen-Age), camarade de Pierre Vilar. Parain le mit en relations avec un l’historien communiste anglais, Éric Hobsbawm. Tous trois voulaient faire pénétrer en France ce renouvellement de la pensée historique de Marx par les Grundisse.
Au secrétariat pour les intellectuels auprès du Comité central du PCF, Léo Figuères avait soutenu sa fondation et sa mise en place, puis ce fut en relais, le géographe Jean Suret-Canale qui devint le plus ardent à « suivre », le CERM. Il avait choisi René Gallissot connaissant sa maîtrise des mouvements nationaux d’Afrique et d’Asie.
Le CERM poussa en avant la discussion sur le mode de production asiatique soutenue par Maurice Godelier qui entreprenait de conjuguer l’héritage de Marx-Engels (L’origine de la famille…) et le théoricisme structuraliste de Claude Levi-Strauss Tristes tropiques. Un camarade de Gallisot à l’ENS de Saint-Cloud (même promotion 1955), le philosophe Maurice Godelier, avait publié en 1964 La notion de « mode de production asiatique » et les schémas marxistes d’évolution des sociétés dans le cadre du CERM. Les rencontres, discussions et contributions portèrent sur le mode de production féodal mettant en cause la succession des modes de production et foncièrement la nécessaire connexion du féodalisme (mode de production local qui ne vaut pas hors d’Europe atlantique) au capitalisme premier mode de production mondial qui se retrouvent dans le volume postérieur : Sur le féodalisme, Éditions sociales, 1971.
Avec la participation de Maxime Rodinson, « marxiste indépendant » rejeté hors PCF, les analyses du CERM s’exerçaient sur la combinaison des idéologies religieuses d’expansion diverse par la force d’État, et la généralisation de la primauté absolue de l’identité nationale dans le « capitalisme ascendant ».
Il ne subit qu’un seul refus au CERM juste avant Mai 68. Il demandait à celui-ci de diffuser un questionnaire aux membres de la section, sur l’enseignement de l’histoire de France (secondaire principalement) qui reconduisait un légendaire bi-millénaire (Lavisse) en place d’histoire de la réalisation d’un État-nation non pas le premier mais après les révolutions des Pays-Bas et d’Angleterre. Il était impossible de toucher à ce nationalisme centré sur la Grande Révolution de 1789. Il contourna ce refus en publiant le questionnaire dans L’homme et la société. Il y avait eu plusieurs séances de discussion au CERM avec l’historienne Suzanne Citron qui défendait cette démarche à la Ligue de l’enseignement.
L’activité de la section histoire du CERM n’en continua pas moins, relancée par Mai 68, non seulement sous l’impulsion des grands historiens internationaux reconnus marxistes mais avec le concours d’historiens réputés « trotskistes » comme les frères Anderson, l’anthropologue Ernest Gellner et Immanuel Wallesrstien. Leur réflexion rencontrait de la grande œuvre de Fernand Braudel en 3 volumes Civilisation mondiale, économie et capitalisme (tome 1, publié en 1967). Fernand Braudel avait regardé avec intérêt les travaux conjoints de L’homme et la société et du CERM pour redonner place aux Grundisse.
Aux yeux de René Gallissot, le CERM fut un acteur très important du renouvellement marxiste en histoire, essentiellement à l’étranger, car le réexamen de l’histoire nationale enseignée ne pénétra guère la carapace du nationalisme en France, pays du « marxisme introuvable ». Après 1968, comme à Alger, s’étaient tenus rencontres (Samir Amin, Wallerstein) et colloque international sur « L’impérialisme » dans lequel l’intervention de Jean Bouvier fut contestée ; celui-ci demanda à René Gallissot de reprendre le débat au CERM et d’aboutir à un colloque très ouvert de marxistes divers, historiens soviétiques compris, et non-marxistes.
Le CERM restait en sursis pour finir par n’être vers 1980 qu’une simple mention à l’intérieur de l’Institut Maurice Thorez. Les responsables au PCF de l’ancien domaine colonial Élie Mignot et Léon Feix arrivaient à leurs fins et à sa fin.
Comment René Gallissot avait-il vécu Mai 1968 ? Le 3 mai, depuis le Centre d’histoire du syndicalisme, il avait vue sur la Cour de la Sorbonne et il y allait souvent pour prendre des notes et des photos. Le soir même, la cellule Sorbonne-Lettres se réunit dans l’arrière-salle de la brasserie Gît-Le-Cœur à l’arrière de la Place Saint-Michel. De la discussion suivit la décision de rédiger une motion de soutien au mouvement prévoyant l’occupation de la Sorbonne et de faire appel aux ouvriers. Pour la publication dans l’Humanité, Madeleine Rebérioux proposa de demander à Gallissot de préparer la motion qui fut acceptée après quelques corrections formelles et approbation votée à mains levées. Jean Ellenstein (« l’œil du Parti sur la cellule » pour des militants) devait la déposer à l’Humanité. Le lendemain, parut un texte censé émané de la cellule Sorbonne-Lettres mais à la place de « plein soutien » et du souhait d’élargir le mouvement, il y avait un paragraphe reprenant le mot d’ordre du PCF de rapprochement des partis de gauche pour un nouveau Front Populaire.
Pour compenser, dans les jours suivants, l’Humanité multiplia reportages et entretiens depuis l’Institut de géographie, rue Saint-Jacques, occupé de même que la Sorbonne. Jean Dresch le directeur, professeur de Géographie de l’Afrique du Nord et les assistants Yves Lacoste, André Prenant, Raymond Gugliemo, assistant de Pierre George), s’adressaient à l’assemblée générale des étudiants en reprenant les mots du texte de Gallissot, « plein engagement dans le mouvement ». Gallissot écrit  : « Dresch me couvrait comme il couvrait Yves Lacoste et André Prenant ».
Gallissot était de toutes les manifestations, à marcher pendant des heures pour revenir à la Sorbonne pour les débats de la nuit. Au nom du SNESUP, intervenait Guy Bois, médiéviste à l’équilibre habilement calculé entre l’avancée du mouvement et la lenteur du Parti dont il était membre.
Pour le département d’histoire de la Sorbonne, « l’escalier C » le savant médiéviste Édouard Perroy, réputé “très gauche socialiste“ avait pris la tête du Comité d’action (“ A la Libération, j’ai occupé la mairie de Saint-Étienne, je peux bien occuper la Sorbonne“). Gallissot fut souvent le délégué du CA d’histoire aux assemblées générales, appelé en consultation au Bureau. Il fut plusieurs fois en compagnie de Judith Miller, fille de Jacques Lacan, des déplacements pour être près des grévistes en particulier à Flins.
De nouveaux Comités d’Action, permettaient un mouvement autonome qui était rejeté par le PCF d’autant qu’il était initié et animé par le physicien Jean-Pierre Vigier, communiste critique.
Avant d’aller à l’Université de Vincennes, la préparation de la loi d’orientation sous Edgar Faure, conduisit à René Gallissot à passer par Censier, à Jussieu où s’achevait le chantier de la Halle aux Vins. Le bâtiment de Censier accueillit d’abord les premières années d’histoire et de géographie venant de la Sorbonne et de l’institut de géographie de la rue Saint-Jacques. Puis sous l’impulsion de Jean Dresch et de Catherine Coquery-Vidrovitch, l’enseignement et la recherche en géographie et en d’histoire délivrant les diplômes nationaux français correspondants pour les pays hors d’Europe, furent ouverts à Paris 7.
Paris 7 devenait une effective université tricontinentale (Inde-Extrême Orient, Proche et Moyen-Orient, Afrique et Amérique). Le laboratoire associé du CNRS prit le nom de Laboratoire Connaissance du Tiers-monde puis des Tiers-Mondes dirigé Catherine Coquery-Vidrovitch. Commencèrent un enseignement et des recherches quasiment inédites accompagnées de colloques et publications. La loi d’orientation autorisait les maîtres-assistants titulaires d’un doctorat de 3e cycle, sur avis des conseils scientifiques d’universités, à diriger les thèses « nouveau régime ». Après Paris 1, René Gallissot y fut autorisé à Paris 7 puis à Vincennes Paris 8. Catherine Coquery-Vidrovitch prenant les thèses sur l’Afrique sud-saharienne ; il inscrivait des thèses sur le Sahara, la Turquie, le Maghreb, sur les migrations méditerranéennes. Gallissot coopéra avec un chargé de cours à Paris 7, Robert Bonnaud qui avait animé à Marseille, les actions contre la guerre française d’Algérie, contre les tortures, membre du Comité Audin, dirigeait un séminaire très vivant de débats sur l’enseignement de l’histoire qu’il reprit à Paris 8 à l’Institut Maghreb -Europe.
Après son retour d’Alger, Gallissot, sous le patronage de Charles-André Julien, avait mis en place les dimanches matin du GERM (Groupe de recherche sur le Maghreb), où intervinrent Annie Rey-Golzinguer et Charles- Robert Ageron, et des nouveaux, Claude Liauzu arrivant de Tunis, ou Benjamin Stora.
À la demande de l‘Union nationale des étudiants du Maroc qui préparait un colloque sur Abdelkrim, son président, Charles-André Julien, fit nommer Gallissot secrétaire général pour l’organisation et la publication des Actes. À la Cité universitaire internationale (Maison du Maroc) en 1973, ce colloque international de plusieurs jours, très suivi avec témoignages et témoins, publié par Maspero, connut un retentissement durable : Abdelkrim et la République du Rif. Le contenu fut repris ensuite dans deux films télévisés faisant intervenir des historiens spécialistes. Y fut produite la lettre de Lyautey pour la commande et utilisation de napalm. Par la suite avec Maria Rosa de Madariaga, historienne spécialiste espagnole, Gallissot publia le mémoire d’Abdelkrim sur son propre récit de la guerre écrit à La Réunion en 1928. Ce travail d’archives et de présentation accompagnait son attention à la “ question berbère“ que Gallissot exposa à plusieurs reprises dans la revue Awal (Parole) de Mouloud Mammeri et Tassadit Yacine (MSH Paris) et dans Matériaux pour l’histoire de notre temps, revue de la BDIC.
En 1972-1973 fut organisé par Tiers-monde-Paris 7, pour la première fois et la seule fois, un cours commun d’agrégation d’histoire donné dans le Grand amphi de la Sorbonne, pour toutes les universités « nouvelles » de Paris-Centre, sur la question inscrite au programme par Jacques Droz, président du jury, constituant un premier sujet d’histoire immédiate : « Métropole et outre-mer (1934-1958). Ce cours, aussitôt publié par le centre de polycopie de l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, était assuré par Jean Chesneaux (Paris 7), Catherine Coquery-Vidrovitch (Paris 7) et René Gallissot (Vincennes-Paris 8).
Au sein du Laboratoire connaissance du Tiers-Monde, des sections par équipes correspondaient aux « aires culturelles » ; Gallissot était responsable du GREMAMO (groupe Maghreb-Moyen-Orient) en toute connivence et partage des étudiants en des thèses, avec Catherine Coquery-Vidrovitch ; en langue arabe, Jacques Couland encore assistant, le secondait, non sans quelques tiraillements en raison de son « suivisme des visions soviétiques ». Gallissot côtoyait aussi Alain Gresh (dont il savait qu’il était le fils d’Henri Curiel) et sa femme Marie-Dominique, une de ses étudiantes. Le GREMAMO, qui organisait séminaires, colloques et participait aux publications collectives, fut partagé entre Paris 7 et Paris 8 puis intégré dans l’Institut Maghreb-Europe à Vincennes en 1990-1991. ]
La titularisation de René Gallissot à Vincennes prit une année, sous les auspices de la Commission Las Vergnas chargée du projet par le ministre Edgar Faure. Comme tous les postes étaient attribués, avec l’accord de la présidence de Paris 1 où il était affecté, Madeleine Rebérioux obtint de Paris 1 son détachement à Vincennes sur un poste de maître-assistant d’histoire contemporaine qui allait être disponible à la rentrée suivante par le départ à Haïti de Leslie Manigat, leur ami commun et futur éphémère Président de la République d’Haïti).
Tout en participant aux longues assemblées générales ou aux séances de la commission pédagogique que présidait « avec prestidigitation », Madeleine Rebérioux, Gallissot était réputé pour être le seul intervenant à pouvoir faire taire Georges Lapassade, fidèle de la revue L’homme et la société. Michel Foucault abandonna le département de philosophie avant que n’arrive le très écouté pour sa force d’analyse, Gilles Deleuze. Mais, écrit Gallissot, « Alain Badiou resta en superbe isolement alors que les Miller (Judith, fille de Lacan et son mari Gérard Miller) jouaient la dissidence des seuls authentiques psychanalystes parlant un langage conceptuel « de leur propre invention ». La prééminence politique passa aux fondateurs de la Ligue Communiste Révolutionnaire qui tenaient en estime l’enseignement de l’histoire du mouvement ouvrier français et international par Marianne Debouzy pour les USA), par Madeleine Rebérioux et moi associés pour l’Europe et le Tiers-monde. »
À l’inverse des assemblées générales et de celles de la Commission pédagogique, les réunions du SNES-Sup étaient peu fréquentées et partagées, comme celles de l’UNEF, entre fraction communiste et les plus à gauche qui se retrouvaient quelques-uns. Gallissot se rendait exceptionnellement aux réunions de cellule sauf si le Président Claude Frioux puis Irène Sokologorski* lui demandaient de montrer que qu’il était toujours adhérent du PCF. Il ne reprit pas sa carte en 1973 après le blâme du Comité central et l’exclusion pour un an de Madeleine Rebérioux, signataire de l’Appel fondateur de la revue Politique aujourd’hui. Son fondateur Paul Noirot fut aussitôt exclu. Dans la revue très lue, Politique aujourd’hui, René Gallissot signait ses articles Germain Lemarquis.

Déjà associé aux émissions de télévision de Marc Ferro, il coopéra avec le département de cinéma de Vincennes, un des plus vivants et novateurs. L’Unité de Valeur autogérée a réalisé et produit le film L’Olivier sur la spoliation des terres en Palestine disparue par l’expansion de l’État d’Israël proclamé en 1948 ; cette UV annuelle était validée en histoire contemporaine. Cette validation se faisait sans notes mais par délibération interne en fonction du travail pour le film, sous la prépondérance reconnue de l’historien et du principal cinéaste.
La licence d’histoire respectait la répartition des cours suivant les prescriptions du diplôme national entre programme et UV libres, mais avec une grande ouverture comparative et extra-européenne, par exemple avec le concours de Jean Lacouture, pour la confrontation des guerres d’Indochine et d’Algérie ou avec Albert-Paul Lentin sur les luttes au Maghreb et à Cuba. De 1970 à 1980, les sujets d’UV gagnèrent en importance sur les migrations et les diasporas ; l’usage de la notion n’était plus réservé à « la question juive » d’autant que l’exil forcé des Palestiniens augmentait leur présence en Jordanie et en Irak, ou leur écrasement ou expulsions en Syrie et Liban et en mineur de Tunisie, pour ne pas reparler des « Libanais » d’Amérique et d’Afrique. Ces approches s’appuyaient sur des déplacements au Proche-Orient, Égypte et Maghreb, ou pour Madeleine Rebérioux à Cuba.
L’enseignement fondamental du cours commun assuré par Madeleine Rebérioux et Gallissot, faisait de Vincennes un pôle d’histoire des trois Internationales. Dans Le marxisme introuvable¬, le professeur d’études politiques au département de droit et chroniqueur d’Esprit, Daniel Lindenberg remarquait que le seul lieu en France où on traite de Marx et des marxismes et du mouvement ouvrier international était dans ce cours commun. Ce qui imposait échange d’enseignements et coopération dans les autres universités à l’Ouest et à l’Est.
Dès la fin des années 1970 et plus encore dans les années 1980, en tant que directeur de L’homme et la société, sur la proposition d’Henri Lefebvre, professeur de philosophie à l’université de Paris X-Nanterre, marginalisé dans le PCF, René Gallissot fut invité fréquemment dans des centres « hétérodoxes » particulièrement la Ligue communiste de Yougoslavie qui défendait l’autogestion socialiste. Des échanges se faisaient au nom des deux revues : Histoire du socialisme publiée à Belgrade et L’homme et la société sous l’impulsion de Serge Jonas qui s’appuyait sur Henri Lefebvre. Les historiens soviétiques se tenaient en dehors, mais des pays voisins du « camp socialiste » de Prague, de Budapest, de Cracovie, et du reste du monde (USA, Canada, Japon, Tiers-monde des non-alignés), des philosophes et des historiens venaient présenter leurs publications. La question nationale (fédéralisme et devenir de l’État-nation, nouvel internationalisme pour échapper aux deux blocs…) était au centre des débats, comme en témoigna l’intervention de Gallissot lors de la table ronde de 1987 à Cavtat, The End of the National and the Nationalist Reaction. Transnationalisation and Strengthening of the State, sur le dépérissement de l’État,

Il participa à l’Institut des historiens du mouvement ouvrier (ITH) dont les colloques se tenaient à Linz en Autriche. Le sujet programmé à l’avance commandait le choix des intervenants. La représentation pour la France relevait de la Commission d’histoire sociale rattachée aux Archives, sous les auspices de Jacques Droz, membre du bureau de l’ITH. Gallissot était quasiment un représentant permanent, comme Marc Vuillemier venant de Suisse.
Maurice Aymard lui confia la codirection du Groupe de recherches sur le mouvement ouvrier international de l’Unesco qui, à la Maison des sciences de l’homme, abritait le séminaire d’Éric Hobsbawm ; chaque passage d’Hobsbawm était l’occasion de faire le point sur l’élaboration et la rédaction de la Storia del marxismo. Maurice Aymard assurait les liaisons avec les éditions Einaudi de Turin et les historiens et universités d’Italie.
En second lieu Maurice Aymard, avec le soutien de l’UNESCO, patronnait ces relations et son secrétariat préparait pour diffusion en anglais et en français, la revue Information sur les sciences sociales, Sage Londres, Newbury Park et New Delhi. Outre la publication d’articles, il fit éditer des colloques tenus en collaboration entre le laboratoire CNRS Chryséis que dirigeait Gallissot et l’Institut européen de Florence (Union européenne). Cette coopération avec l’Institut européen pendant deux ans grâce à la bourse allouée au chercheur de Chryséis, Ulysses Santamaria, transféra à la mort d’Ulysses, le colloque final à la Maison des sciences de l’homme en juin 1989 sur L’Intifada et la société israélienne avec des chercheurs qualifiés et historiens venant d’Israël, de Gaza et du Proche-Orient arabe et Palestiniens de la diaspora arrivant notamment des USA. Les éditions Sage depuis Londres en firent la publication en volume (1-1990) de la revue Information des sciences sociales.
Le second colloque entre Chryséis et l’Institut européen, porté par la Maison des sciences de l’homme ouvrait le débat À nouveau Information sur les sciences sociales publia en 1992, un volume dans lequel la contribution de Gallissot était explicite : « Identités nationales et identité européenne. De l’intellectuel métis au métissage culturel ». Un autre, volume dans la collection de L’homme et la société, le prolongea : Pluralisme culturel en Europe. Culture(s) européenne(s) et cultures des diaspora, (L’Harmattan, 1994).
Dès avant et parallèlement, le travail de synthèse et d’hypothèses interrogatives était intense pour les collaborateurs de Jacques Droz, qui enseignaient à Vincennes-Paris 8 : Marianne Debouzy sur le mouvement du travail, syndicats et socialisme aux USA, Madeleine Rebérioux sur le socialisme français, syndicalisme révolutionnaire et socialisme républicain.
Comme René Gallissot avait publié dans les Cahiers du Mouvement social, l’ouvrage collectif Mouvement ouvrier communisme et nationalismes dans le monde arabe, (Éditions ouvrières, 1978), il fut mis à contribution par Jacques Droz pour les chapitres sur le socialisme dans le monde arabe dans l’ Histoire générale du socialisme (tomes 3 et 4) et plus difficile d’analyse sur Le communisme soviétique et européen du tome 4.
La deuxième grande contribution de Gallissot fut son apport, sous la houlette d’Eric Hobsbawm, à la Storia del Marxismo, aux éditions Einaudi, dans le volume 2 sur « Nazione e nationalità nei debattiti del movimento operaio », en 1979 et sur L’imperialismo e la questione coloniale e nazionale dans le volume 3, en 1981. Ces 5 tomes furent publiés notamment en allemand, anglais, russe, arabe, chinois, mais jamais en français.
Dans le sillage de Pierre-Jean Simon qui avait introduit en France les études nord-américaines sur les relations interethniques, il développa une approche du racisme à « situer en relations inter-ethniques en leur double sens de relations externes avec d’autres peuples et de relations internes entre groupes ethnicisés » (Gallissot, Misère de l’antiracisme. La revue Pluriel-débat porta cette approche et permit une coopération avec Véronique de Rudder.
Pour cette époque productive, s’ajoutèrent des contributions au Dictionnaire critique du marxisme, dirigé par Georges Labica en 1982 et en 1984 qui anticipaient le Vocabulaire historique et critique des relations interethniques (groupe Pluriel) jamais achevé. Il avait notamment mené un travail sur les éditoriaux de l’Humanité montrant la transposition au premier rang du vocabulaire national et nationaliste de « Peuple de France » sur le vocabulaire de classe, mit en réserve. Denis Peschanski, son compagnon de travail au laboratoire, approfondira cette approche dans une thèse de 3e cycle.
Les explications et hypothèses de René Gallissot furent rassemblées dans sa thèse de Doctorat-es-Lettres qu’il soutint, en 1988 Une thèse de doctorat d’État sur travaux, sous la direction de René Girault, sous le titre « La question nationale et coloniale. Le nationalisme historique » où il présenta ses recherches sur le Maghreb, la conception de la nation et de l’État-nation, de la transnationalisation. Il démontrait que l’absence de théorisation sur la question nationale dans les écrits de Marx laissait la possibilité pour ses héritiers de définir les différences étatiques se substituant aux contradictions sociales du capitalisme, d’où l’incompréhension par les conceptions socialistes et communistes des luttes contre le colonialisme et du lien avec le nationalisme dans son développement historique.
Une grande part de ses travaux furent repris dans les deux volumes : Maghreb-Algérie. Classes et nation en 1987, ensemble de réflexions sur la profondeur du « grand tournant » dans l’inconscience de la primauté prise par l’idéologie nationale.
Il publia en 2006, dans la série du Maitron des ensembles sur le Maghreb.

Considérant qu’il avait des documents inédits sur les questions décisives pour la connaissance du passé, René Gallissot déposa ses archives. Un répertoire détaillé des 230 cartons figurait sur le site « La contemporaine » des Archives de France. (ARCH0053 et ARCH0152).

L’itinéraire retracé des grandes étapes biographiques de René Gallissot devrait permettre de faire le point sur les principaux apports de son œuvre. Au cœur de son travail figura très tôt l’interrogation sur la place de la question nationale dans l’aspiration révolutionnaire et internationaliste du mouvement ouvrier. Selon lui, les différentes familles qui composaient le socialisme et le communisme ont repris les mythifications des idéologies nationales pour accepter la défense et l’unité nationale à la place de l’action anti (anticapitalisme, antimilitarisme, anticléricalisme etc.) sous le prétexte de faire avancer un État social par un discours de rassemblement national.
La mutation durable du communisme dans les années 1930 et dans l’après-Seconde Guerre mondiale, le renversement stratégique aboutirent à l’appropriation de l’idéologie nationale qui renouvelèrent les classes ouvrières. Il fallait, à l’échelle mondiale, être attentif aux questions migratoires dans le monde dans leurs rapports avec les mouvements sociaux. Ses recherches, réunissant critique sociale et mouvement social, donnèrent une trentaine d’ouvrages et 240 articles relevant de plusieurs sciences humaines, en liaison avec divers centres de recherches français et étrangers.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article246912, notice GALLISSOT René, Marie, Joseph, version mise en ligne le 25 juin 2022, dernière modification le 25 juin 2022.

ŒUVRE : Les références de ses travaux figuraient dans le répertoire cité. Le répertoire de la BNF comprenait en janvier 2021 36 références.
Sur son œuvre : [https:,,www.idref.fr,026879905].
Le patronat européen au Maroc : action sociale, action politique, 1931-1942, Casablanca : EDDIF 1990
Misère de l’antiracisme : racisme et identité nationale : le défi de l’immigration, Paris : Éditions de l’Arcantère , DL 1985
L’Algérie précoloniale : classes sociales en système précapitaliste, mise en question du mode de production féodal, Paris : Centre d’études et de recherches marxistes , 1968
Henri Curiel : le mythe mesuré à l’histoire, Paris : Riveneuve , cop. 2009
Maghreb-Algérie : classe et nation, Paris : Arcantère Editions , DL 1987
Ces migrants qui font le prolétariat , René Gallissot, Nadir Boumaza, Ghislaine Clément , Paris : Méridiens-Klincksieck , 1994
Le patronat européen au Maroc : action sociale, action politique (1931-1942), Rabat : Éd. techniques nord-africaines , 1964
Razzismo e antirazzismo : la sfida dell’immigrazione, ; cura e introd di Annamaria Rivera ; [trad. di Nicola Vox] , Bari : Dedalo , 1992
Algérie colonisée, Algérie algérienne, 1870-1962 : la République française et les indigènes , Alger : Éditions Barzakh , 2007
Recherches sur l’espace Maghreb-Europe et sur l’immigration post coloniale : Rapport de synthèse , [Saint-Denis] : [Institut Maghreb-Europe] , [1991]
L’imbroglio ethnique en quatorze mots clés, Mondher Kilani, Annamaria Rivera , Lausanne : Éditions Payot , DL 2000
Le patronat européen au Maroc : Action sociale-Action politique 1931-1942 , René Gallissot , [S.l.] : [s.n.] , 1963
La République française et les indigènes : Algérie colonisée, Algérie algérienne, 1870-1962, Ivry-sur-Seine : les Éditions de l’Atelier , DL 2007
L’Algérie précoloniale, classes sociales en système précapitaliste, mise en question du mode de production féodal , Paris : Centre d’études et de recherches marxistes , 1968
L’Internationale et la guerre : le partage d’août 1914, René Gallissot, Robert Paris, Claudie Weill , Paris : Les Editions ouvrières , 1989
L’économie de l’Afrique du Nord, Paris : Presses universitaires de France , 1961, cop. 1961
L’affaire Dreyfus et le tournant du siècle, 1894-1910 : [exposition, Paris, Musée d’histoire contemporaine et Nanterre, Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, 1994] , ouvrage sous la direction de Laurent Gervereau et Christophe Prochasson ; [catalogue rédigé par Michel Winock, Sophie Coeuré, René Gallissot, ... et al.] , Nanterre : BDIC
Le Maroc et la crise, Paris : Université Paris VII , 1976
L’imbroglio etnico in quattordici parole-chiave , René Gallissot, Mondher Kilani, Annamaria Rivera , Nuova ed. ampliata e aggiornata. , Bari : Dedalo , cop. 2001
Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier : Maghreb : engagements sociaux et question nationale : de la colonisation à l’indépendance de 1830 à 1962 , par René Gallissot ; assisté de Abderrahim Taleb-Bendiab et Amar Benamrouche ; avec la collaboration de Anissa Bouayed, Jacqueline Delorme, Louis-Pierre Montoy... [et al.] , Ivry-sur-Seine : les Éditions de l’Atelier , DL 2006
La economía de África del norte, René Gallissot ; traduit du français par Martha Lafitte de Juncal et Julio A .Juncal , Buenos Aires : Eudeba , DL 1964
La question nationale et coloniale : le nationalisme historique, René Gallissot ; sous la direction de René Girault , , 1988
Maghreb-Algérie, Classe et Nation 2, Libération Nationale et Guerre d’Algérie , René Gallissot , Paris : Arcantère éd. , impr. 1987, cop. 1987
Le Maghreb de traverse , Paris : Cairn , 2015
Marxisme et Algérie , René Gallissot , Alger : ENAG , DL 1991
Maghreb-Algérie, Classe et Nation 1, Du Maghreb précolonial à l’Indépendance Nationale : Histoire sociale et question nationale, XIXe-XXe siècles, Paris : Arcantère éd , 1987
Maghreb-Algérie classe et nation, Paris : Arcantère , DL 1987
Misère de l’antiracisme , René Gallissot , Paris Éd. de l’Arcantère 1985 46-Cahors Impr. Tardy
Ces migrants qui font le prolétariat , René Gallissot, Nadir Boumaza, Ghislaine Clément , Paris Méridiens-Klincksieck 1994 Impr. en Belgique
L’imbroglio ethnique en quatorze mots clés , René Gallissot, Mondher Kilani, Annamaria Rivera , Lausanne [Paris] Éd. Payot Lausanne 2000 21-Dijon-Quétigny Impr. Darantière

SOURCES : Site Internet, « La contemporaine » des Archives de France, (ARCH0053 et ARCH0152). — Site « Répertoire numérique détaillé du fonds René Gallissot ». — « Un apprentissage algérien », entretiens avec Claude Didry, L’Homme et la Société, 2016, 3 et dans la revue en ligne Période, témoignage recueilli par Selim Nadi (mars 2016) — Annuaire des anciens des ENS, n°2, 2021. — Notes de Claude Pennetier. — Renseignements fournis par l’intéressé et témoignage écrit largement utilisé dans cette rédaction par Jacques Girault.

Iconographie : René Gallissot, années 2000.

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